Hôpital Tenon (AP-HP) : des étudiants en médecine mettent en cause le gynécologue Émile Daraï

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Scandale à l’hôpital Tenon. Accusé de violences gynécologiques, le Pr Émile Daraï, ponte dans le domaine de l’endométriose, fait l’objet d’une enquête interne. Des investigations qui devront compter sur le témoignage de nombreux étudiants en médecine qui dénoncent des actes brutaux.

Hôpital Tenon (AP-HP) : des étudiants en médecine mettent en cause le gynécologue Émile Daraï

Les voix des étudiants en médecine se mêlent à celles des victimes. Depuis quelque temps, nombreuses sont les patientes qui assurent avoir été soumises à des examens gynécologiques brutaux et non-consentis à l’hôpital Tenon, dans le 20e arrondissement de Paris. L’auteur de ces faits présumés ? Le renommé Pr Émile Daraï, chef du Centre Endométriose de la structure de l’AP-HP. Une enquête interne a, en conséquence, été ouverte.

C’est avant l’année 2014 que le chemin d’Agnès*, une patiente interrogée par France Info, croise le spéculum de celui qu’elle surnomme alors « le Messie ». Souffrant de graves séquelles induites par une opération d’endométriose sévère, elle espère que sa consultation avec le « plus grand spécialiste parisien de l’endométriose » permettra d’apaiser ses douleurs. « Il arrive et insère directement un spéculum de manière extrêmement violente, sans lubrifiant, sans rien », se souvient l’intéressée auprès de nos confrères. Un premier contact qui se termine dans un cri. « Je sens la fissure que j'ai à ce moment-là qui se déchire, je sais que je suis en train de saigner », poursuit-elle. Une rencontre douloureuse, accompagnée d’un toucher rectal déchirant selon elle, qui donnera lieu quelques semaines plus tard à son signalement à l’Ordre des Médecins.

Si le témoignage d’Agnès trouve un écho dans celui d’autres patients, les étudiants en santé aussi ont leur mot à dire. Sur le compte Twitter Stop violences gynécologiques et obstétricales, ils sont nombreux à prendre la parole pour dénoncer les violences gynécologiques dont ils ont été témoins.

 

En tout, ce n’est pas moins de cinq signalements officiels qui ont été transmis par des patients à l’AP-HP. Un panel qui dénonçait notamment « un manque d’information autour d’examens pratiqués durant des consultations de gynécologie », indique le groupe hospitalier parisien. « Quatre ont donné lieu à une proposition de médiation », ajoute l’AP-HP.

L’intéressé, quant à lui, se serait fendu, quelque temps après sa consultation, d’une lettre à Agnès dans laquelle il aurait démenti toute brutalité durant l’examen clinique. Un envoi désormais étayé d’une prise de parole publique puisque, par la voix, de l’AP-HP, le Professeur a tenu à « contester » les faits dont il est accusé. « [Il] récuse ces propos qu’il juge diffamatoire [et] s’en remet à l’enquête interne », précise à France Info son employeur, qui indique que leur enquête sera réalisée conjointement avec la faculté de médecine de Sorbonne Université où Émile Daraï enseigne.

*Le prénom a été changé 

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