Du stétho au pinceau

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Médecin généraliste, exercant depuis 2013, Charlotte Barrault parvient à concilier ses deux passions, médecine et peinture, à un niveau professionnel. Balayées de larges coups de pinceaux, ses toiles, lumineuses et paisibles, restituent l’intimité d’un atelier, les couleurs chaudes d’un paysage d’automne ou l’état d’âme de son modèle. Rencontre avec une jeune femme équilibrée.

Du stétho au pinceau

What’s up Doc. Vous peignez depuis longtemps ?

 

Charlotte Barrault. Je peins depuis l’âge de 5 ans ! J’ai touché à toutes les techniques dans des ateliers d’arts plastiques. À la fin de mes études de médecine j’ai fait « la » rencontre déterminante, qui a fait « boule de neige » dans l’évolution de ma carrière artistique. Une femme peintre m’a dit : « Tu as l’air motivée, fais un stage… » et elle m’a fait découvrir les peintres de l’École d’Étampes (Essonne), disciples du peintre Philippe Lejeune. Ils ont une technique proche de l’impressionnisme et s’attachent d’avantage aux touches de couleur qu’au trait. Ils m’ont énormément appris. J’ai rencontré les bons peintres au bon moment !

 

WUD. Pas trop dur de conjuguer peinture et médecine ?

 

CB. Il s’agit de le vouloir très fort et de s’organiser dès le départ. Comme je veux être pro dans les deux domaines, j’ai fait le choix de faire des remplacements dans un cabinet médical du 19e arrondissement à Paris. Je peux ainsi réserver 2 à 3 jours par semaine pour la peinture. Il a toujours été évident pour moi de faire médecine tout en laissant une vraie place à la peinture. En conciliant ces deux passions, j’ai trouvé un bel équilibre.

 

WUD. On parle beaucoup des effets bénéfiques de la peinture contre le burn-out ?

 

CB. Je l’ai expérimenté mais « en creux » au début de mes études : privée d’activités artistiques, j’ai traversé une période de dépression. Heureusement, ma famille m’a encouragée à fond et en fac de médecine, des professeurs m’ont conseillé de ne jamais abandonner la peinture. J’ai pu bénéficier d’aménagements de planning. Aujourd’hui, à un patient qui me dit : « J’aurais dû… », je réponds sans hésitation : « Allez au bout de votre passion, quel que soit votre âge. Faites tout pour la réaliser ! »

 

WUD. Comment devient-on une pro de la peinture ?

 

CB. J’ai présenté mes œuvres, à deux reprises, au salon de jeunes artistes « Arbustes » qui se tient à Mantes-la-Jolie (Yvelines). Mon travail a été primé, ce qui m’a donné le droit d’accrocher au prestigieux Salon d’Automne à Paris où j’ai reçu le prix de la Fondation Taylor : une reconnaissance par les pairs et des encouragements précieux. Je travaille sur le motif dès que je peux. Cela apporte une foule d’informations de formes et de couleurs. Je travaille toujours d’après modèle vivant pour les portraits et les nus. Pour les paysages et les scènes d'intérieur, je m'appuie souvent sur des photos prises pendant mes voyages pour capter un instant qui m'émeut ou une lumière. Maintenant je maîtrise les bases théoriques et j’essaie de faire évoluer la figuration vers une dimension plus onirique, de trouver ma propre expression… et aussi, j’essaie de trouver un atelier de 60 m2, ou un espace partagé, à Paris, pour installer mon chevalet !

 

WUD. Et si vous deviez choisir entre ces deux activités ?

 

CB. Reposez-moi la question dans cinq ans !

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