Amel, coureuse et médecin du sport

Des urgences à l’ultra-trail

Amel Zerouati, urgentiste quarantenaire, a su faire de sa passion un métier. Mordue de course à pied depuis quinze ans, elle a récemment ouvert un cabinet de médecine du sport à Fontenay-sous-Bois, dans le Val-de-Marne. Elle raconte son parcours à What’s up Doc.

 

What’s up Doc. Depuis quand cours-tu ?

Amel Zerouati. J’ai toujours aimé le sport, j’ai fait du tennis de huit à seize ans en Algérie. Mais quand j’ai compris que pour être sélectionnée pour la Coupe Davis, il faudrait que j’en fasse six à huit heures par jour, j’ai préféré réaliser mon (autre) rêve : devenir médecin (rires) ! Je me suis mise à courir il y a quinze ans, pour me vider la tête après une journée aux urgences. Ça a commencé à devenir un besoin, et maintenant, si je ne cours pas trois fois par semaine, ça ne va pas !

WUD. Et pour la compétition ?

AZ.  J’ai participé à mon premier semi-marathon en 2011, sans préparation, vraiment « à l’arrache ». C’était un défi personnel. Ensuite j’ai rencontré par des amis un sportif de haut niveau, Jean-Claude Le Cornec, président d’une association sportive et culturelle : Sport développement performance organisation (SDPO). Je lui ai demandé de me faire un plan d’entraînement, et j’ai couru mon premier marathon en 2014, à Paris.

WUD. Qu’en est-il de ton engagement associatif ?

AZ. C’est Jean-Claude Le Cornec qui m’a insufflé l’envie de courir pour quelque chose, pour un objectif non personnel. L’année dernière, SDPO a organisé un ultra-trail au Cambodge, auquel j’ai participé pour une étape de 32 kilomètres. Il faisait 40 degrés avec 92 % d’humidité, je n’étais pas assez préparée et je me suis demandée ce que je faisais là ! Mais je voulais soutenir l’association, et quand j’ai vu les conditions de vie des populations locales, le mental a repris le dessus.

WUD. Comment ton parcours de médecin a-t-il été influencé par la course à pied ?

AZ. J’ai fait de la couverture médicale pour une fédération d’arts martiaux, et ça m’a donné envie de passer mon diplôme de médecin du sport. Aux urgences, c’est un bagage intéressant, parce qu’on a souvent des sportifs en traumato. En 2014, j’ai médicalisé la deuxième édition de l’Oman desert marathon, une course de 165 kilomètres en six jours en autonomie totale (les coureurs portent tout leur matériel pour dormir, boire, manger, s’habiller). De fil en aiguille, j’ai décidé d’ouvrir mon cabinet de médecine du sport il y a presque deux ans, et même s’il faut du temps pour se faire une patientèle, ça commence à marcher !

WUD. En tant que médecin, que penses-tu de ces courses intensives ?

AZ. Il n’y a en fait que très peu d’accidents sur les grandes courses comme les ultra-trails. Les participants se préparent pendant des mois pour la course. Ils savent les problèmes qui peuvent survenir, les règles de réhydratation, d’alimentation. Ils prennent beaucoup de précautions, connaissent leur corps et leurs limites. La veille de la course, à Oman, quand j’examinais les coureurs, j’essayais surtout de repérer les novices, car ce sont eux qu’il faut surveiller attentivement. J’ai beaucoup d’admiration pour ces coureurs de haut niveau, endurants au mal, et j’avais envie de courir avec eux, pas seulement d’être là comme médecin.

WUD. Alors, prête à courir ton premier ultra-trail ?

AZ. Ohla, je suis raisonnable, je ne me surestime pas (rires) ! Et puis je cours pour le plaisir, pas pour la performance, donc je vais y aller doucement. Je suis inscrite au trail de Ouarzazate (au Maroc, ndlr), dans une région très sauvage. C’est une course avec un engagement écologique : aucun déchet, par exemple. Ça me motive aussi de courir pour une cause noble comme celle-là !

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Propos recueillis par Sarah Balfagon

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