Les infirmiers libéraux en colère manifestent pour l’augmentation de leurs actes bloqués depuis 15 ans

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Des "infirmiers libéraux en colère" ont mené des opérations escargot dans cinq villes lundi et se mobiliseront à nouveau ce samedi pour réclamer notamment une revalorisation des tarifs de leurs actes, bloqués depuis 2009 malgré l'inflation.

Les infirmiers libéraux en colère manifestent pour l’augmentation de leurs actes bloqués depuis 15 ans

© Midjourney x What's up Doc

"Nous, infirmiers libéraux, nous relayons 7 jours sur 7 toute l’année" et sommes "les oubliés du Ségur", déplore sur son site le collectif des "infirmiers libéraux en colère", à l'origine de ces manifestations.

"On demande une augmentation des tarifs de nos actes, qui n'ont pas été revalorisés depuis 2009. Sachant que l'inflation a progressé dans le même temps de 28%, il y a des soins qu'on ne peut plus faire, parce qu'on est presque à perte", a expliqué à l'AFP la co-présidente du collectif, Gaëlle Cannat, infirmière dans les Bouches-du-Rhône.

Par exemple, "certaines infirmières à la campagne, qui ont de grandes distances à parcourir, ne font plus les injections. Quand on est payé 7,25 euros brut de l'heure, pour l'acte et le déplacement, financièrement ce n'est plus tenable", a-t-elle poursuivi.

« Des cabinets ferment »

Les indemnités forfaitaires de déplacement, qui s'appliquent pour les soins à domicile, ont été récemment revalorisées de 25 centimes. "On est passés de 2,50 à 2,75 euros. On a eu l'impression qu'on nous disait « prenez des piécettes et fermez-la », commente-elle encore. D'autres types d'indemnités kilométriques qui s'appliquent en milieu rural "n'ont pas été revalorisées".

Le collectif souhaite rencontrer le nouveau ministre délégué à la Santé, Frédéric Valletoux. "Des cabinets ferment, on est obligés de prendre de plus en plus de soins par jour, d'enchaîner", a-t-elle plaidé.

Selon le collectif, quelques centaines de personnes ont manifesté au total lundi à Bordeaux, Gap, Marseille, Bayonne et Dijon. La mobilisation a débuté fin janvier en région Rhône-Alpes dans le sillage du mouvement des agriculteurs avant de s'étendre, avec à ce stade une vingtaine de manifestations locales sur six journées.

Difficile pour les libéraux de "faire grève", en raison notamment de la permanence des soins. Mais "samedi 17 - jour de départs/retours de vacances - on sera tous dans la rue", prévient Gaëlle Cannat.

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Également mobilisé, le syndicat Convergence infirmière indique dans un communiqué avoir lancé "une opération d’envoi des feuilles de soins papier tous les 15 jours à la CPAM pour les actes gratuits" pour les "embouteiller". Le syndicat "accompagne" et "soutient" aussi les mobilisations de terrain.

Avec AFP

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