Le ministère te paye toutes tes cotiz' si tu vas dans un désert médical !

Si les médecins déplorent, dans le cadre du PLFSS 2020, une enveloppe budgétaire en baisse, ils peuvent s'énorgueillir d'allègements de cotisations, pour peu qu'ils s'installent dans des déserts médicaux. 

Le coup de bambou, la dépression : le projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) 2020 a laissé pantois l’ensemble du lanterneau de la santé. Et pour cause : ce sont des économies de l’ordre de 4 milliards d’euros qui sont attendus pour 2020. 

Sur la branche maladie, le déficit pour 2020 s’établit à 3 milliards d’euros.  Si ce n’est pas la fête, cette année, en revanche il y a encore de quoi faire, pour les patients, mais aussi pour les professionnels de santé. 

Outre un financement à la dotation pour les activités de médecine dans les hôpitaux de proximité, le PLFSS 2020 prévoit également de fusionner les 4 contrats de début d’exercice ouverts à l’ensemble des médecins s’installant dans une zone sous-dense, en un seul contrat. Ce nouveau contrat sera conditionné à l’exercice coordonné. Le ministère de la santé attend de cette mesure un surplus de 250 médecins qui souscriraient à ce contrat de praticien territorial de médecine générale (PTMG) nouveau genre… Pour les médecins qui s’engageraient dans les zones sous-denses dans les trois ans suivant l’obtention de leur diplôme, le gouvernement prévoit aussi de prendre en charge, pendant deux ans, l’ensemble de leurs cotisations sociales, à condition qu'ils ne pratiquent pas de dépassements d’honoraire. Pour les médecins remplaçants, « il est aussi prévu d’améliorer le dispositif simplifié de déclaration et de paiement des cotisations et contributions sociales »

Le financement de la psychiatrie devrait faire l’objet d’une véritable révolution : il est question de rapprocher le secteur privé (financé à la journée) et le secteur public (financé sous la forme d’une dotation globale) pour proposer un nouveau financement cette fois-ci populationnel pour l'ensemble des secteurs. À même de résoudre la crise profonde de ce secteur ? De toute manière la mise en application de ce nouveau financement ne sera pas pour demain : il ne devrait être mis en application qu’en 2021.
Annoncée chaque année, la rénovation de la nomenclature des actes médicaux devrait aussi sortir de terre cette année. 

En termes de prescription, l’assurance maladie devrait prendre en charge les tests rapides d’orientation diagnostique (Trod) afin d’éviter autant que faire se peut la prescription d’antibiotiques. La prescription de biosimilaires devrait être développée. 

Last but not least : le gouvernement sera plus sévère avec les industriels pour mettre un terme aux pénuries de médicaments. Ils auront obligation de constituer des stocks de deux à quatre mois sur les médicaments d’intérêt thérapeutique majeur. Si les stocks ne sont pas effectués, alors une sanction sera prise. En cas de pénurie, les industriels auront aussi l’obligation de proposer des solutions alternatives. Reste à voir si ces mesures seront votées. Pour rappel, le PLFSS 2020 sera présenté le 9 octobre prochain en Conseil des ministres…. 

 

Portrait de Jean-Bernard Gervais

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