L'appel du Cnom contre la condamnation de 10 médecins laisse sceptique le Collectif Fakemed

Le Conseil national de l'Ordre des médecins (Cnom) a décidé de faire appel de la condamnation récente d'une dizaine de médecins par la chambre disciplinaire de l'Ordre d'Ile-de-France. Pour autant, le Collectif Fakemed reste sceptique quant à l'attitude de l'Ordre

L’ordre national contre l’Ordre départemental d’Ile-de-France… C’est ainsi que l’on pourrait résumer la bataille ordinale à laquelle on assiste actuellement autour de la condamnation de 10 médecins signataires de la tribune Fakemed. Cette tribune, signée en 2018 par plus d’une centaine de médecins, vilipendait les médecines dites « alternatives », et demandait instamment au pouvoir public de : «  • Ne plus autoriser à faire état de leur titre les médecins ou professionnels de santé qui continuent à les promouvoir. • Ne plus reconnaître d’une quelconque manière les diplômes d'homéopathie, de mésothérapie ou d’acupuncture comme des diplômes ou qualifications médicales. • Ne plus faire produire en Faculté de Médecine ou dans les établissements de formation de santé, des diplômes appuyés sur des pratiques dont l’efficacité n’aura pas été scientifiquement démontrée. • Ne plus rembourser par les cotisations sociales les soins, médicaments ou traitements issus de disciplines refusant leur évaluation scientifique rigoureuse. • Encourager les démarches d'information sur la nature des thérapies alternatives, leurs effets délétères, et leur efficacité réelle. • Exiger de l’ensemble des soignants qu’ils respectent la déontologie de leur profession, en refusant de donner des traitements inutiles ou inefficaces, en proposant des soins en accord avec les recommandations des sociétés savantes et les données les plus récentes de la science, en faisant preuve de pédagogie et d’honnêteté envers leurs patients et en proposant une écoute bienveillante. »

Les tribuniciens ont depuis eu gain de cause puisque la ministre de la Santé Agnès Buzyn, avant de s’envoler défendre les couleurs de la République en Marche dans la campagne pour la mairie de Paris, avait décidé de dérembourser l’homéopathie. Nolens volens, 10 médecins signataires de cette tribune (et bien d’autres avant eux) viennent d’être condamnés par la chambre disciplinaire d’Ile-de-France de l’Ordre des médecins à des sanctions disciplinaires. Si les médecins semblent particulièrement remontés contre ces condamnations, c’est parce que, pour la première fois, la justice ordinale a condamné un médecin à une peine de suspension d’exercice avec sursis de trois mois. Le Cnom se départit de cette condamnation, en annonçant vendredi dans un tweet qu’il comptait faire appel de cette condamnation :

Scepticisme

Une manière comme une autre de prouver que la justice ordinale, ce n’est pas l’Ordre national des médecins. Et ce n’est pas la première fois que l’Ordre fait appel d’une condamnation contre un signataire de la tribune Fakemed. En décembre 2018, l’Ordre national avait fait appel de la condamnation, par la chambre disciplinaire de l’Ordre de Champagne-Ardenne, de la condamnation de deux médecins à un avertissement chacun. Quoi qu’il en soit, cette prise de position n’a pas l’heur de convaincre le collectif Fakemed, qui semble reprocher au Cnom de ne réagir que lorsque la pression médiatique se fait trop lourde :

Portrait de Jean-Bernard Gervais

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