Justification du DPC : Le SNPHARE monte au créneau

L’Ordre a tranché. Tous les médecins hospitaliers doivent remplir leur dossier de DPC pour les périodes triennales de 2017-2019 et 2020-2022. Une « injonction paradoxale », selon le SNPHARE, qui rappelle que nous sommes en pleine crise sanitaire.

« Formation continue des médecins hospitaliers : stop aux injonctions paradoxales ! ». Ce 19 avril, le SNPHARE a décidé de taper du poing sur la table. La source de sa colère ? La demande express de l’Ordre, formulée à l’intention des médecins, de justifier dès à présent de leur parcours DPC pour la période triennale 2017-2019 et 2020-2022. « Il ne s’agit clairement pas d’une incitation mais d’une obligation, laissant penser que des sanctions ordinales pourraient être prises en l’absence de validation de ce dossier administratif », s’agace le SNPHARE, dans un communiqué.

La formation Covid, un apprentissage à valoriser

Pour le syndicat à l’origine de la grève illimitée des PH, pas de doute : il s’agit là d’une exigence hors-sol. « Faut-il rappeler aux pouvoirs publics que les médecins hospitaliers sont depuis plus d’un an sur le front de la crise sanitaire ? », s’interroge-t-il, rappelant au passage que 84 % des patients Covid sont pris en charge à l’hôpital. « Est-ce le moment pour nous rappeler que nous devons nous reformer constamment ? Il ne viendrait pas à l’idée de demander à des militaires de faire des pompes quand ils sont sur le champ de bataille… », argue le SNPHARE.

« Évidemment que ces derniers temps nous n’avons pas pu nous former. Les médecins se sont formés au Covid essentiellement », rappelle Emmanuelle Durand, vice-présidente du SNPHARE. Un apprentissage, basé sur l’expérience du front, que le syndicat aimerait voir comptabiliser. « Le SNPHARE demande un moratoire sur le décompte de la formation continue des médecins hospitaliers pendant la période de la crise sanitaire », indique le communiqué. Et la vice-présidente de commenter : « Ce moratoire, c’est juste pour faire valider cette formation Covid pour tous les médecins qui ont été confrontés à la vague pandémique. Ils ont su faire preuve d’inventivité organisationnelle, de disponibilité. ».

Des solutions, à la place d’injonctions

Autre point qui crispe : le manque de moyens concrets mis-en-œuvre pour que les médecins puissent réellement remplir cette obligation. « Si vous demandez à un médecin de valider son DPC tous les trois ans, 80 % d’entre eux vont vous dire qu’ils ne peuvent pas », confie, à la louche, Emmanuelle Durand. Une situation induite par la complexité du système. « Le DPC est une machine à gaz. Ça ne fonctionne pas. Personne n’est au courant du parcours qu’il faut avoir pour valider un DPC. », poursuit la vice-présidente. Mais également par manque de temps. « Faut-il rappeler que si l’obligation de formation est faite, le temps de formation (…) est de 15 jours par an qui ne sont jamais pris intégralement pour « raison de services » - c’est-à-dire le sous dimensionnement des équipes ? », écrit le SNPHARE. Une panoplie de difficultés à laquelle il faut ajouter l’insuffisance de moyens financiers… « Le financement de la formation des médecins hospitaliers est réduit à peau de chagrin - et est loin de couvrir 15 jours de formation », poursuit le syndicat.

Pour lever ces freins pourtant, le SNPHARE propose des solutions. Au programme ? La sanctuarisation de ces quinze jours de formation, mais également la mise en place d’un « financement de la formation via un budget DPC transparent dans chaque établissement à hauteur du financement dans le secteur privé, soit 5 % du budget de la masse salariale ». Et Emmanuelle Durand, de commenter : « Nous ne sommes évidemment pas contre le maintien à niveau des connaissances contemporaines. Mais qu’on nous donne les moyens de le faire ! »

Portrait de Julia Neuville

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