2013-2023 Palmarès : 10 ans de classement des CHU, des évolutions contrastées

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En l'espace de 10 ans, certains CHU ont bougé dans le classement tandis que d'autres pourraient recevoir la palme de la stabilité !

 2013-2023 Palmarès : 10 ans de classement des CHU, des évolutions contrastées

À tout seigneur tout honneur : mention spéciale pour les Hospices civils de Lyon ! C'est bien simple, depuis 10 ans, s'ils ne sont pas à la première place, ils sont à la deuxième. Yves François, président de la CME, restait pourtant modeste à notre micro l’année dernière : « Pour moi, c’est clair : ce n’est pas nous, c’est la ville ». Il est vrai qu’à Lyon les loyers sont intéressants, il y a beaucoup à faire sur le plan sportif et culturel, la situation est assez idéale, près de la montagne et pas si loin de la mer.

Il est juste aussi d’évoquer des raisons en lien avec la taille du CHU. Ainsi, Yves François notait : « Pour une spécialité donnée, dans les petits CHU, vous n’avez qu’un service, et peu de surspécialités, alors qu’à Lyon, en chirurgie digestive par exemple, il y a 4 services. Certes, à Paris il y en a 20, mais la vie y est plus difficile ».

D'autres lignes bougent davantage. dans le top 3 jusqu’en 2019, ce qui lui vaut la 2e place sur 10 ans, le CHU de Nantes s’installe, cette année, à la 6e place. « Dans les groupes de futurs internes, Nantes a commencé à être décriée, reconnaît Sarah Daubresse, vice-présidente de l’ANEMF chargée des études médicales. Les agressions nombreuses et répétées ont fait peur à beaucoup de gens. » En 2022, en effet, plusieurs faits divers ont fait la une des médias, dont une fusillade et un viol en réunion qui s’est déroulé dans les rues de Nantes. « Il n’y a aucun doute que ce contexte-là a joué dans les choix des CHU », souligne Sarah Daubresse. « Personne n’a envie d’être en insécurité en rentrant d’une garde. »

Côté Assistance publique, Marseille et Paris restent bien classées

Côté Assistance publique, Marseille et Paris restent bien classées. En 10 ans, la Cité phocéenne a grimpé de la 12e à la 8e place. Pour sa part, Paris gagne 2 places et arrive en 9e position cette année. De son côté, le CHU d’Angers passe de la 21e place à la 13e place. Il en est de même pour le CHU Martinique situé à Pointe-à-Pitre, qui gagne 10 places (15e en 2022). « Cette géographie est aussi influencée par le nombre de places ouvertes par spécialité, continue Sarah Daubresse. Souvent il ne reste que des places aux Antilles, à Limoges et à Saint-Étienne sur les spécialités les plus choisies. Parfois ce choix constitue donc la seule solution pour faire la spé que l'on souhaite. »

https://www.whatsupdoc-lemag.fr/article/le-vrai-bilan-du-grand-classement-2022-des-chu-et-des-specialites

Lille, pour sa part, fait le chemin inverse et perd 5 places en 10 ans pour arriver à la 14e place. « Cette géographie de l’installation des internes va aussi se baser sur des représentations personnelles que l’on se fait de telle ou telle ville, reconnaît Caroline de Pauw, sociologue de la santé et directrice de l’URPS Haut-de-France Médecin. Là où il y a des dynamiques universitaires, les internes s’installent. Et cela va aussi permettre de dynamiser la ville. Lille est devenue une métropole, un pôle de recherche attractif et elle reste bien classée pour toutes ces raisons. »

Le classement se referme sur les CHU de Reims, Limoges et Amiens. Ce dernier perd 8 places en 10 ans. Un triste constat commenté par son doyen, Gabriel Choukroun, en ces termes : « Le CHU n’a pas une taille qui permet d’attirer des internes et la ville n’est pas très attractive pour les jeunes. » Résultat, des postes d’internes n’ont pas été pourvus en psychiatrie, en santé publique et en médecine du travail. Un manque qui va se voir dans les prochaines années, se désole Gabriel Choukroun.

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