Violence en établissement : 76 % d'atteintes à la personne

Les biens s'en sortent mieux (rapport de l'ONVS)

Dans son rapport annuel publié avant-hier, l’ONVS (1) indique que 17 596 faits de violence lui ont été signalés en 2016 par des établissements sanitaires et médico-sociaux, dont près des trois quarts sont des atteintes aux personnes. Cela vous fait froid dans le dos ? Attendez plutôt la suite…

« Le nombre de signalements est en hausse tandis que le nombre des établissements participant au dispositif est un peu plus important mais pas de façon significative », rapporte l'ONVS dans sa synthèse relayée par l'APMnews.

Parmi les faits signalés en 2015, 76 % ont été des atteintes à la personne et 24 % des atteintes aux biens. Déjà élevé, ce chiffre a augmenté en 2016. Nous sommes désormais à 78 % d'atteintes à la personne et 22 % d'atteintes aux biens. Les murs, stéthos et autres brancards peuvent souffler... 

Les services de psy plus concernés 

« Toutes atteintes confondues, les services les plus concernés en 2015 et 2016 ont été la psychiatrie avec environ un cinquième des incidents déclarés, les urgences (13 %), la gériatrie et la médecine (11 %) », détaillent les auteurs du rapport. Un tiers de ces signalements ont trait à des insultes ou injures. 

« On retrouve davantage de faits commis en raison d'une pathologie dans les secteurs de la psychiatrie (schizophrénie) et de la gériatrie (Alzheimer) », précise l'ONVS.

Elle note, en outre, que même si leur nombre est faible « le nombre de violences physiques et verbales augmente en gynécologie, obstétrique, maternité ». Bref, tous les services sont aujourd'hui plus ou moins concernés par l'insécurité en établissement. 

Les infirmiers, premières victimes

Les victimes de ces violences étaient en 2015 à 84 % les personnels de l'hôpital, 8 % les patients et 4 % les agents de sécurité. En 2016, pas de bonne nouvelle puisque la proportion de personnels victimes est restée identique.

S'agissant du personnel de santé, les victimes se sont réparties en 2015 entre les infirmiers (50 %), les médecins (8 %) et les autres personnels soignants (42 %).

Là encore les chiffres sont stables en 2016, avec 47 % d'infirmiers visés, alors que les 45 % de signalements restants touchent les autres personnels soignants. Les évènements de violence signalés par les établissements ont fait l'objet de 2 121 dépôts de plaintes en 2015 et 224 mains-courantes, contre 1 993 plaintes en 2016 et 215 mains-courantes.

Les dépôts de plaintes en baisse

« Tandis que les signalements de faits de violence sont en hausse, les dépôts de plaintes ont diminué ainsi que les mains courantes », résume l'ONVS. 

Pour expliquer cette tendance, l'Observatoire écrit avoir observé lors de ses déplacements une « sorte d'autocensure pour signaler les violences et les incivilités ou pour déposer plainte ». Les autres éléments explicatifs résident, selon lui, dans la méconnaissance de la protection pénale dont les personnels soignants bénéficient, la crainte de devoir entrer dans le processus judiciaire, la peur de représailles et l'impression de perdre du temps. 

Pour rappel, l'ensemble de ces sujets, ainsi que la prévention du risque attentat et de la menace terroriste pour les établissements de santé, seront abordés lors d'un colloque organisé le mardi 7 novembre au ministère des Solidarités et de la Santé. En attendant les résultats de ces travaux, ou que les politiques s'activent, ne cédez pas à la panique mais restez vigilants... 

(1) L'Observatoire National des Violences en milieu de Santé. 

Source: 

Bruno Martrette-Gomez

Portrait de La rédaction

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