Un médecin généraliste de l’Oise en prison, il violentait sa femme et ses quatre enfants

Un médecin violentait sa famille

A Villers-Saint-Paul dans l’Oise un médecin généraliste a maltraité et violenté sa femme et ses quatre enfants pendant des années. Le tribunal vient de le condamner à une peine de prison ferme.

Il a 45 ans, il exerçait à Villers-Saint-Paul, et depuis le 1er juin, il dort à la maison d’arrêt de Beauvais. Le tribunal de Senlis a prononcé une peine de 3 ans d’emprisonnement, dont 18 mois fermes, assortis d’un sursis probatoire pendant deux ans pour « violences habituelles » sur son épouse et ses quatre enfants âgés de 7, 12, 14 et 19 ans.

Sorte de Dr Jekyll et Mister Hyde, il passait ses journées dans son cabinet à soigner, écouter ses patients, et le soir dans le huis clos familial, il brutalisait son épouse et ses enfants.

Elle était contrainte de rester au foyer « pour éviter d’être en contact avec d’autres hommes » et les coups pleuvaient pour rien, comme détaillé dans Le Courrier Picard. « Elle essuyait une gifle, pour avoir déplacé une plante, des coups de poing sur le corps, sur le visage, était étranglée, tirée par les cheveux, pour d’autres motifs tout aussi futiles. »

« Un chien enragé, il faut le corriger » se justifiait-il à ses enfants. « Tu es bête, tu ne sais pas parler » adressait-il à sa femme. Mais les enfants n’étaient pas seulement témoins des violences subies par leur mère. « Pour des devoirs non faits l’un d’eux recevra un coup de pied dans le ventre, un autre aura son bras couvert de bleus. Quand l’une de ses filles s’interpose, inquiète pour sa mère, elle prend un coup de poing dans l’œil. Après les coups, le docteur interdisait aux victimes de quitter la maison jusqu’à ce que les bleus disparaissent. »

«J’ai de la haine pour mon père, un jour il va la tuer»

Un jour son épouse ose parler de divorce, son mari l’attrape par le cou, lui arrache son voile pour la trainer par les cheveux. « J’ai de la haine pour mon père », a déclaré l’un des enfants aux policiers. « Mon père doit être puni. Je ne veux plus vivre avec lui. Un jour, il va la tuer », a exprimé un autre, tremblant aux enquêteurs, tant il a peur pour sa mère.

L’épouse, reçue par une psychologue est en « grand état de choc et de détresse », et le parquet lui attribue un téléphone grave danger, alors qu’elle quitte la maison pour se réfugier chez sa mère avec ses quatre enfants.

A l’audience, aucune remise en cause, aucune prise de conscience, par le médecin devant la cour : « Je travaille toute la journée au cabinet, je suis épuisé. Quand je rentre, je ne veux pas subir de stress, ni ses caprices. Elle partait en furie. Ce n’était que des disputes, des bousculades. » Pour lui sa femme est « dépensière et immature ».

« Il n’y a aucune remise en question, a constaté Maître Tania Shembo, avocate de la famille. Monsieur dit souffrir tandis que Madame est chosifiée et infantilisée. Monsieur a imposé le règne de la terreur. » « Les enfants pensaient que c’était normal pour un homme de frapper sa femme. Ce dossier est un cas d’école en matière de violences conjugales », a dénoncé la procureure. « Monsieur, médecin, avait fait le serment de soigner et de veiller au bien-être des autres. Des valeurs qu’il a piétinées. »

 

 

Portrait de La rédaction

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