Les premières et dernières fois du Dr Stéphanie Rist

Députée de la première circonscription du Loiret et rhumatologue, le Dr Stéphanie Rist est toujours en activité. Ancienne cheffe de service, cheffe de pôle et vice-présidente de la CME au CHR d’Orléans.

LA PREMIERE FOIS OÙ...
 
… tu as voulu faire médecine ?
Stéphanie Rist. Je m’en souviens bien, j’avais 10 ans et je regardais un reportage sur les enfants au Cambodge qui sautaient sur des bombes. Je me suis dit instinctivement que je devais aller « les réparer ». C’est comme ça qu’est née ma vocation pour la médecine. Au collège, en 5e on m’a dit que je ne pourrais pas faire d’études car mes résultats étaient mauvais et qu’il fallait que je fasse un CAP couture, rien que ça. J’ai alors dit à mes parents que je ferais les plus « grandes » études, et je me suis orientée ensuite vers médecine.
… tu as été fière de toi ?
SR. Après de nombreuses gardes et 6 mois d’externat en uro, à noter qu’à Necker on pouvait faire autant de stages qu’on voulait dans une spécialité, j’assistais un chirurgien après avoir fait la garde du samedi. Il m’a dit que si je restais le lendemain il me laisserait faire un acte pendant une greffe de rein. Il m’a laissé recoudre vers 16h le dimanche une artère rénale avec les lunettes microscopiques, je me suis sentie la « reine du monde ». À l’époque il y avait très de peu de filles en chirurgie, ce qui m’a sûrement dissuadée de faire cette belle spécialité.
… tu as voulu faire de la rhumatologie ?
SR. Comme souvent, c’est grâce à des rencontres. J’ai fait mon choix lors de mon premier stage d’interne à Orléans en rhumatologie. C’était une spécialité que je n’avais pas faite pendant mon externat. Le chef de service était dynamique et motivant, et je me suis laissé convaincre. J’en suis très heureuse aujourd’hui.
 
ET LA DERNIÈRE FOIS OU...
 
… tu as été touchée par une situation ?
SR. J’ai été très touchée par la mère d’un jeune que je suivais depuis longtemps. Cette maman, au bout de plusieurs années, a pris rendez-vous en consultation pour me dire qu’elle avait probablement le même rhumatisme que son fils et qu’elle avait compris qu’elle pouvait me faire confiance. Finalement, elle a profité de la consultation pour me raconter qu’elle était battue par son mari.
… tu t’es sentie démunie sur le plan médical ?
SR. La dernière situation médicale difficile que j’ai pu rencontrer concerne une jeune patiente vue pour la première fois en consultation avec probable lupus évoluant depuis plusieurs semaines, et s’aggravant avec apparition de signes de gravité. Elle vivait à 1 h 30 de mon hôpital seule avec deux enfants en bas âge et refusait d’être hospitalisée. On se sent parfois un peu limité.
… tu as pensé à arrêter médecine ?
SR. Jamais. Ça ne m’a jamais traversé l’esprit, à vrai dire je n’ai jamais su faire autre chose que de la médecine. J’ai travaillé à tous les postes de l’hôpital. Pendant mes études, j’ai été brancardière, infirmière, j’ai travaillé la nuit, je n’ai vraiment connu que l’hôpital. Cette expérience m’a beaucoup aidée quand je suis devenue cheffe de service puis cheffe de pôle. Non, je n’ai jamais voulu arrêter.
 
Photo : Lisa Camus
 

Portrait de Idris Amrouche
article du WUD 47

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