Le certificateur des prothèses PIP va devoir payer 5 000 € à chaque victime

Les victimes des prothèses PIP vont être indemnisées

Déjà sommé d'indemniser des milliers de victimes, le certificateur allemand des prothèses mammaires PIP défectueuses a été condamné, jeudi 13 janvier, en France, à indemniser 1.600 nouvelles plaignantes de 23 nationalités, pour un total d'au moins huit millions d'euros, a annoncé l'association de victimes Pipa.

Elles voulaient une augmentation mammaire, comme de nombreuses patientes des chirurgiens esthétiques (mais pas que), elles s’étaient retrouvées avec des implants toxiques. Ces plaignantes réclamaient 6.000 euros en provision du préjudice subi devant le tribunal de commerce. Elles ont obtenu 5.000 euros, beaucoup plus donc que les 3.000 euros de provisions attribués aux premières victimes.

TÜV est "pleinement responsable sans limitation ni restriction et doit rapidement indemniser toutes les victimes sans exception", a réagi Me Olivier Aumaître, l'avocat de Pipa.

Dans un communiqué, le certificateur, qui devrait faire appel, a en revanche "contesté fermement ce jugement en ce qu'il a retenu une responsabilité de l'organisme notifié".

Plus de 10 ans après la découverte de la fraude au sein du fabricant varois de prothèses mammaires fondé par Jean-Claude Mas, dont le décès en 2019 a mis fin aux poursuites concernant PIP, les procédures judiciaires continuent à l'encontre du certificateur allemand, qui n'avait jamais constaté de manquements.

Ce scandale avait éclaté à la suite d'un contrôle de l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé en mars 2010. Elle avait relevé un taux anormal de rupture des implants qui étaient remplis, par souci d'économie, avec un gel artisanal non conforme à la place du gel en silicone requis.

Cette nouvelle décision s'ajoute à la cascade de décisions judiciaires dans ce dossier, proche de connaître un épilogue.

La cour d'appel d'Aix-en-Provence avait confirmé en février 2021 le jugement du tribunal de commerce de Toulon de janvier 2017 qui avait condamné le certificateur allemand à verser 3.000 euros à environ 20.000 autres plaignantes. La cour d'appel avait néanmoins estimé que quelque 6.000 d’entre elles n'étaient finalement pas recevables.

Fin mai, la cour d'appel de Paris avait également confirmé la responsabilité de TÜV dans un autre volet, restreignant toutefois cette responsabilité à la période du 1er septembre 2006 au 6 avril 2010, rendant ainsi caduques les demandes de plusieurs centaines de femmes sur les 2.500 concernées, colombiennes, vénézuéliennes ou anglaises notamment.

A l'inverse, deux autres cours d'appel, à Versailles et Poitiers, ont dédouané TÜV.

L'entreprise allemande s'est pourvue en cassation sur les décisions aixoise et parisienne.

"Il y a eu quatre décisions de cour d'appel en 2021 : deux intégralement favorables, une intégralement défavorable à Aix, et une mitigée à Paris. Aujourd'hui il y a plusieurs dossiers devant la cour de cassation et on espère qu'elle va nous apporter des éclairages pour guider les juges" sur ce dossier, a réagi Me Christelle Coslin, avocate de TÜV, interrogée par l'AFP.

On estime à 400.000 le nombre de femmes dans le monde porteuses d'implants PIP.

TÜV Rheinland, grand spécialiste de la certification de produits, emploie 20.000 personnes dans le monde pour un chiffre d'affaires d'environ 2 milliards d'euros.

Avec AFP

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