L'autonomie en 4e année d'internat, pour les enseignants de médecine générale !

L'autonomie, oui, mais pas avant la 4e année.
L'autonomie, oui, mais pas avant la 4e année.

Le Syndicat national des enseignants en médecine générale (SNEMG) soutient la mise en place de la dernière année d'internat en autonomie complète, à condition que l'on installe la quatrième année d'internat en MG. 

Comme pour rebondir sur le curieux amendement des sénateurs, lors de l’examen du projet de loi de santé, adopté dans la nuit du 3 au sud 4 juin, qui prévoit que les internes en médecine générale accomplissent leur dernière année d’internat en autonomie complète et en priorité dans les zones sous-dotées, le syndicat des enseignants en médecine générale (SNEMG) abonde dans le même sens. Mais en posant ses propres conditions. 

Dans un communiqué, le SNEMG s’oppose dans un premier temps à ce que cette dernière année en autonomie complète ne soit effectuée que dans les déserts médicaux. En effet, argumente-t-il, « il n’est pas nécessaire de faire porter aux internes le poids d’erreurs qu’ils n’ont pas commises ». 

Deuxième condition : si cette année en autonomie complète devait voir le jour, alors elle ne devrait en aucun être positionnée en troisième année. Car cela « casserait également la maquette actuelle du 3e cycle, pourtant mise en place récemment et qui est nécessaire à la formation des internes généralistes ». Ce serait plutôt l’occasion d'installer la quatrième année de médecine générale « comme l’ont suggéré les sénateurs ». Cette quatrième année serait alors dévolue à l'autonomie complète des internes. 

Manque de moyens dans la filière de MG

Trois!ème condition : accorder à la filière de médecine générale les moyens qui lui manquent cruellement, pour la mise en place de cette quatrième année. Le SNEMG rappelle que « de lourds dysfonctionnements persistent dans la rémunération des MSU. Il rappelle également qu’il n’existe qu’un enseignant équivalent temps plein pour 86 internes en médecine générale, soit 8 fois moins que pour les autres disciplines médicales ». 

Reste que Frédérique Vidal, ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche, reste opposée à la mise en place d’une quatrième année de médecine générale : « L’ajout d’une quatrième année ne s’impose pas », avait notamment déclaré Frédérique Vidal lors d’un entretien en novembre dernier avec nos confrères du Généraliste. Lors de l’examen du projet de loi de santé, la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, a abondé dans le même sens que Frédérique Vidal, annonçant en séance publique qu’elle n’est pas « favorable à un DES de médecine générale de 4 ans ». Ce à quoi les sénateurs lui ont répondu que son avis importait peu, puisque l’arrêté du 12 avril 2017 prévoyait la mise en place de la 4e année de MG au 1er janvier 2020. Mais pour Agnès Buzyn, cet arrêté ne concerne guère que l’organisation des stages, et non la mise en place d’une quatrième année. 

Portrait de Jean-Bernard Gervais

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