La région Centre-Val de Loire ambitionne de recruter 150 médecins d'ici 2025

Dans le Centre-Val de Loire, 20% de la population se trouve sans médecin référent. Pour y remédier, la région a décidé de se positionner sur plusieurs fronts pour être attractive pour les jeunes médecins, notamment par la création de centres de santé et des postes en salariat.

Le salariat, nouvelle arme de recrutement ?  Dans le Centre-Val de Loire, on révise sa copie pour plus d’attractivité. Sur les 500 000 habitants, 20% sont sans médecin référent. Une situation dont n’a pas l’intention de s’accommoder la région. 

« D’ici 2025, nous avons décidé de construire 25 maisons de santé supplémentaire et de créer en complément 150 postes de médecins qui prendront place dans 30 centres de santé », nous explique, le président Conseil régional du Centre-Val de Loire, François Bonneau.

Derrière cette décision, une analyse des motivations des nouvelles générations. « Nous voyons aujourd’hui que plus aucun jeune médecin n’envisage de s’installer seul, le collectif est nécessaire. Et la maison de santé est un élément de réponse à cette  quête. Le salariat est également un atout pour certains, offrant de la stabilité », poursuit-il.  

« Nous avons déjà engagé des recrutements, 28 contacts ont été pris depuis décembre, 7 médecins sont engagés. 70 intercommunalités ont fait état du désir d’accueillir de tels médecins auprès de la région. La carte des implantations est élaborée avec elles en fonction des carences », précise François Bonneau.

D’autres leviers ont également été activés. « Nous avons demandé d’ouvrir le numerus apertus, de le porter à 300 médecins dans un premier temps et qu’il continue de s’accroître ensuite », pousuit-il. « Nous souhaitons ensuite accroitre le nombre de médecins qui font leur internat dans les différents territoires de la région. La région est d’ailleurs fortement engagée financièrement dans le support de postes de chefs de clinique, pour que les internes puissent être accueillis. Un budget de 500 000 euros a été voté ».

Une attention également portée à leurs familles : « Si un interne vient avec son conjoint, il sera accueilli de manière attentive, recevra une aide pour trouver un logement, une crèche, un établissement scolaire pour les enfants, mais également des bonnes conditions d’insertion au plan sportif, culturel… », énumère François Bonneau. 

Le Dr Bérangère Bourdin est médecin généraliste. Elle vient de signer un contrat avec le groupement d’intérêt public Pro Santé Centre-Val de Loire pour exercer dans un centre de santé de la commune de Beauce-la-romaine.

Cette médecin formée à Tours a d’abord exercé en tant que remplaçante ce qui lui conférait une certaine liberté. « Mais pour des raisons personnelles je ressens le besoin de m’établir. Le salariat me permet d’avoir un salaire et des horaires fixes ».

Pour elle, la décision s’est prise naturellement : « J’ai entendu une annonce à la radio du fait que la région cherchait à recruter des médecins généralistes en salariat. Mon conjoint avait également des opportunités de travail, donc on s’est lancé. J’ai rencontré le GIP début janvier, et l’installation se fait au mois de mai.»

En tant que médecin salariée dans un centre de santé, Bérangère Bourdin sera amenée à exercer en équipe. Un point fort pour elle. « Pour l’instant je suis la seule à avoir signé mais j’ai hâte qu’ils trouvent quelqu’un d’autre. En tant que généraliste, on est beaucoup au contact des gens mais à la fois très seul.e. Avoir des interactions avec des collègues est bénéfique pour la prise en charge, assurer la continuité des soins. Cela permet d’avoir plusieurs yeux sur un dossier. »

Dans un mois, la nouvelle aventure commence. « J’ai hâte de commencer, même si plus ça se rapproche plus l’anxiété monte, c’est la découverte. Mais je m’installe dans des conditions assez confortables. Le GIP va m’aider pour la formation avec le logiciel médical, j’ai reçu une aide du maire pour le logement. J’ai hâte que ce projet devienne réalité ». 

Portrait de Constance Maria

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