La publication du Lancet oblige l'OMS a suspendre son essai Hydroxychloroquine

Lors de son point presse du 26 mai, le directeur général de l'OMS Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus a annoncé qu'il suspendait temporairement l'essai international sur le traitement du Covid19 par l'hydroxychloroquine ou la chloroquine. 

Fin mars dernier, l’organisation mondiale de la santé (OMS) avait décidé de lancer une étude internationale pour trouver un traitement efficace contre la Covid19. Cet essai, baptisé Solidarity, a pour but de comparer quatre options thérapeutiques par rapport à des soins standard : remdésivir ; lopinavir/ritonavir; lopinavir/ritonavir avec interféron bêta-1a ; et chloroquine ou hydroxychloroquine.
Mais suite à la publication d’une analyse rétrospective publiée dans la revue The lancet portant sur 96 000 dossiers médicaux, qui semble montrer une surmortalité des patients traités avec la chlroroquine ou l’hydroxychloroquine associée à un antibiotique, ainsi que l’apparition de problèmes cardiaques chez ces mêmes patients, l’OMS a décidé de suspendre la branche Hydroxuchloroquine de son essai Solidarity. « Vendredi la revue The lancet a publié une étude sur la chloroquine et l’hydroxychloroquine et leur effets sur les patients Covid19, qui ont été hospitalisés. Les auteurs font savoir que parmi les patients qui ont choisi l’hydroxychloroquine, lorsqu’elle est utilisée seule ou avec un macrolide, ils considèrent que le taux de mortalité est plus élevé », a déclaré lors de son point presse quotidien le directeur général de l’OMS le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus le 26 mai.

Suspension

En conséquence, le comité exécutif de l’essai Solidarity a décidé d’une suspension de la branche hydroxychloroquine dans l’attente d’un examen plus poussé des données disponibles : « Le groupe exécutif de l’essai solidarité qui représente 10 des pays participants se sont réunis samedi et ont décidé de procéder à une analyse complète et critique de toutes les données factuelles disponibles au niveau mondial. Cet examen permettra d’examiner les données qui ont été recueillis jusqu’à présent dans le cadre de l’essai solidarité et en particulier des données randomisées solides et disponibles afin d’évaluer de manière appropriée les avantages potentiels de ce médicament. Le groupe exécutif a décidé d’une suspension temporaire de la branche hydroxychloroquine dans le cadre de l’essai solidarité en attendant que les données relatives à la sûreté soit examiné par le groupe de suivi. » Les trois autres branches de cette étude se poursuivent. Le directeur général de l’OMS a néanmoins tenu à préciser que « que ces médicaments sont considérés comme sûrs pour les patients qui souffrent de maladie auto-immune ou de paludisme ». 

Pour le moins, la réaction de l’OMS est à l’opposé de celle du professeur Raoult qui avait estimé que l’étude rétrospective publiée dans The Lancet n’était pas sérieuse. "Vous ne croyez pas que je vais changer (d'avis) parce qu’il y a des gens qui font du big data, ce qui est une espèce de fantaisie complètement délirante, qui prend des données dont on ne connait pas la qualité, qui mélange tout, qui mélange des traitrements dont on ne sait pas la dose que l’on a donné », avait notamment déclaré le directeur général de l’IHU Méditerranée dans une vidéo postée le 25 mai.

Portrait de Jean-Bernard Gervais

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