Installation des jeunes médecins : la coercition pointe son nez à la Paris Heathcare week

Paris, 23 mai. What’s Up Doc assiste à une table ronde de la Paris healthcare week 2019 autour de l’installation des jeunes médecins. Inévitablement, le sujet dérive vers le problème que sont les déserts médicaux.

C’est dans l’air du temps. À la Paris healthcare week, on murmure que l’installation des jeunes médecins est devenu un moyen de pallier le manque de professionnels de santé. Lors de la conférence « Des études à l’installation, mon territoire et moi », un panel de professionnels s’est adressé à une cinquantaine d’étudiants en santé. Les intonations sont pleines de bons sentiments, mais elles sont accompagnées de propos de plus en plus confus. 
La question à un million d’euros : comment ressourcer en médecins les territoires délaissés ?  

Devant l’assemblée, composée en grande majorité d’étudiants, 5 intervenants. Thomas Lampietro, vice-président Association nationale des étudiants en médecine de France (Anemf) et modérateur de la table ronde ; Christian Berthou, doyen de la faculté de sciences de la santé de Brest ; Fabrice Diot, président de l’Observatoire National de la Démographie des Professions de Santé (ONDPS) ; Isabelle Maincion, rapporteure de la commission santé de l’Association des Maires de France ; Bilal Latreche, président de la Fédération Nationale des étudiants en soins Infirmiers et Antoine Tesnière, conseiller Santé Direction Générale de l’Enseignement supérieur et de l’insertion professionnelle.

« Ça ne peut marcher que si tout le monde est autour de la table »

Après quelques minutes, le thème "l’installation des jeunes médecins" se transforme en débat sur les déserts médicaux. Les intervenants proposent pêle-mêle des solutions en oubliant peu à peu le sujet de l’installation professionnelle des médecins. Numerus clausus, résultats de la réforme du 3e cycle ou coercition… Tout y passe, mais on parle peu des aides à l’installation.

Les intervenants oscillent entre séduction à l'intention des étudiants, et chantage affectif. « Venez dans nos régions, on sera ravis de vous accueillir », déclare Françoise Jeanson. S’ensuit une proposition de Fabrice Diot : « petite réduction de la liberté » (d'installation, NDLR) pour respecter la « responsabilité sociale ». Isabelle Maincion, elle, relance la patate chaude aux étudiants : « la balle est dans votre camp ». Ah bon ? C’était pas : « tout le monde autour de la table » ? Première réaction de Thomas Lampietro : « Ah bah, je m’attendais pas à ça ». Nous non plus.

Les étudiants, les déserts médicaux et les autres

Les représentants des étudiants, un peu piqués au vif, n’ont pas l’impression d'être indifférents à ce problème sanitaire, d’autant que la plupart d’entre eux sont engagés contre les déserts médicaux.

Christian Berthou, doyen de la faculté de sciences de la santé de Brest, recadre le sujet et présente les actions entreprises au sein de sa faculté mises en place afin de rendre l’installation plus facile. Par exemple, à la rentrée prochaine, un séminaire « orientation, projet professionnel et démographie médicale » sera proposé dès l’externat. 

Il affirme également que « le manque de médecins est corrélé au manque de maîtres de stage ». Logique, un bled sans formateurs et qu’on ne connaît pas, c’est pas très tentant. Françoise Jeanson relance : « L'idée est, dans les hôpitaux comme en libéral, d’organiser les meilleures conditions d'accueil, de stage, d'environnement, de qualité de vie sur place ». Pour aller dans ce sens, l’Anemf a déjà écrit une charte sur les hébergements territoriaux des étudiants en santé (HTES), afin d’encourager les établissements à améliorer l’accueil des étudiants.

Portrait de Angela Herrmann

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