Dr Philippe Cathala, président du CDOM 34.
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Médecin légiste, le Dr Philipe Cathala s’implique dès le début de ses études : « Après mon engagement dans le monde associatif et syndical quand j’étais président de l’internat de Montpellier, cela me semblait assez naturel de continuer à m’impliquer dans la défense et la représentation de la profession ».
C’est pourquoi il s’engage alors qu’il débute à peine son exercice, il y a 15 ans : « Je crois beaucoup à l’intérêt d’avoir une représentation active, de conseiller, soutenir et défendre les confrères, quelle que soit leur tendance politique, syndicale, leur genre, leur âge, leur spécialité, mode et lieu d’exercice ».
Un engagement prenant, mais passionnant et nécessaire
Praticien hospitalier au CHU de Montpellier, mais aussi président du Conseil départemental de l'Ordre des médecins de l'Hérault, conseiller régional et national et représentant des médecins français à la World Medical Association, Philippe Cathala ne compte pas ses heures : « Je fais plusieurs activités en même temps et les journées de travail s’entrecroisent en permanence. Je ne peux pas choisir quand a lieu une visite ministérielle, ou quand il faut prendre une disposition administrative en urgence. »
Pour répondre à l’ensemble de ses obligations, il compte sur son temps libre et ses collègues, par leur solidarité et leur confraternité : « Il est important d’être sur le terrain pour avoir un regard concret et pragmatique et pour accompagner les évolutions en étant soi-même acteur. Mon engagement se fait beaucoup au détriment de ma vie personnelle. Je ne vais pas souvent au cinéma. En semaine, je compte sur la compréhension de mes confrères et sur les autorisations d’absence prévues dans le Code de la santé publique (CSP). C’est une activité d’intérêt général que tout le monde essaye de faciliter ! ».
Certains médecins par leur comportement déshonorent toute la profession
Ce travail ordinal bénévole passionne le médecin par sa diversité : « Il me permet d’avoir une vue d’ensemble et de réfléchir à ce que sera la profession demain, à ses attentes, confrontées à celles de la société ». Mais il implique parfois des tâches moins plaisantes : « Ce qui m’énerve, ce sont les praticiens qui par leur comportement déshonorent toute la profession. C’est le rôle de l’Institution, et même sa mission première de garantir à nos concitoyens de pouvoir compter sur des médecins bien formés et respectueux de la déontologie, mais cela demande parfois beaucoup d’énergie. »
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Pour autant, cela n’altère pas son implication ni sa motivation, pas plus que les remarques d’un médecin réticent ou critique vis-à-vis de l’Ordre : « J’essaie de savoir pourquoi le médecin critique et d’identifier à travers cela les imperfections du système, afin d’essayer de les corriger. À ceux qui aimeraient nous rejoindre et qui hésitent, je dis : "Venez !". Même si ça peut être chronophage et parfois stressant, c’est passionnant sur le plan intellectuel et on est heureux de contribuer un peu à servir l’intérêt général ».
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