Dernier semestre dans les déserts médicaux : les internes de Marseille décident la grève

Le syndicat autonome des internes de Marseille (SAIHM) a décidé de lancer une grève le 22 juillet contre une disposition du projet de loi de santé qui oblige les internes de médecine générale, et d'autres spécialités, à exercer leur dernier semestre en priorité dans un désert médical. 

Un jour avant l’adoption définitive, le 16 juillet, du projet de loi de transformation et d’organisation du système de santé, le syndicat autonome des internes de Marseille (SAIHM) a décidé de se mettre en grève.

En se plantant dans les dates, d’ailleurs. Puisque leur grève devrait débuter le 22 juillet prochain, « semaine à partir de laquelle la loi Santé sera étudiée au Sénat ». Or, le Sénat a avancé d’une semaine l’examen final des conclusions de la commission mixte paritaire et adopté définitivement le texte de loi le… 16 juillet. Il n’empêche : les internes marseillais maintiennent leur préavis de grève au 22 juillet prochain. Motif de ce mouvement social : une disposition de l’article 2 de la loi, qui stipule que « les étudiants de médecine générale réalisent au cours de la dernière année du troisième cycle de médecine au minimum un stage d’un semestre en pratique ambulatoire. Ce stage est réalisé, dans des lieux agréés, en priorité dans les zones mentionnées au 1° de l’article L. 1434‑4 du code de la santé publique. Il est effectué sous un régime d’autonomie supervisée ». Le texte de loi précise que cette mesure peut être « étendue par décret à d’autres spécialités à exercice majoritairement ambulatoire ». En clair : les internes, principalement de médecine générale mais pas seulement, devront consacrer leur dernier semestre à combler les trous des déserts médicaux.
Cette disposition sera mise en application le 1er novembre 2021. Pour le SAIHM, Cette mesure est à la fois démagogique et contre-productive : l’interne sera mal formé par manque d’encadrement et les patients seront mal soignés par des étudiants, plutôt que par des médecins diplômés.
Le SAIHM réclame « le retrait total de cette mesure contraignante, dégradant la qualité de notre formation et celle de la prise en charge médicale des patients ». Le SAIHM a créé un événement Facebook sur sa page idoine : pour le moment 92 étudiants se disent prêts à participer à la grève, et 208 seraient intéressés. Pour sa part, l’intersyndicale nationale des internes (Isni) avait dénoncé la première mouture de cette disposition, qui prévoyait d’effectuer la totalité de la dernière année en autonomie totale, et en priorité dans les déserts médicaux.

Devant les avancées de la commission mixte paritaire, qui avait mis de l’eau dans son vin, en proposant, finalement, un seul semestre en autonomie supervisée, l’Isni n’avait pas souhaité déclenché un mouvement social. Mais l’initiative du SAIHM sera-t-elle à même de lui faire changer d’avis ?

Portrait de Jean-Bernard Gervais

Vous aimerez aussi

Les internes tournent le dos aux services de réanimation de la capitale. Pour le prochain semestre, 56 postes seraient actuellement non pourvus. Cela...

Sur le podium des CHU français, l’internat de Montpellier-Nîmes décroche la seconde place. Une médaille d’argent obtenue en marge de la crise...

Moins 5 places dans le classement général ! Après avoir caracole en tête (1ère place en 2019-2020 ; 2e place en 2018-2019), l’internat de Nantes n’...

Le gros dossier

 

Le magazine What’s Up Doc est édité par l’agence Planète Med.