Comme à Paris, à Lyon les internes dépassent de loin les 48 heures hebdo

Les internes de Lyon travaillent jusqu'à l'épuisement.
Les internes de Lyon travaillent jusqu'à l'épuisement.

Après les résultats de l'audit mené à l'AP-HP sur le temps de travail des internes, c'est le syndicat des internes de Lyon (SAIHL) qui révèle, dans une enquête, que les carabins lyonnais sont corvéables à merci. Le SAIHL réclame l'ouverture de négociations avec la direction des HCL. 

"Les résultats sont terrifiants". Ainsi débute l’état des lieux du syndicat des internes de lyon (SAIHL) sur leurs conditions de travail. « Nous avions une perception intuitive des infrractions à la législaton […] Nous avons pourtant été très surpris par les excès institutionnalisés que cette enquête révèle », pousuit le SAIHL dans son dossier presse sur cette enquête, conduite entre mars et avril 2019 auprès de 22 % des internes de la subdivision de Lyon. Récemment, l'Isni et le SAIHL avaient pointé du doigt les conditions de travail à l'origine du suicide d'une interne à Lyon. 

17% des internes en deçà de 48 heures

Premier résultat édifiant : le temps de travail. Seuls 17% des internes des HCL déclarent travailler moins de 48 heures, la durée légale hebdomadaire. « 41% ont un temps de travail hebdomadaire moyen supérieur à 60 heures, et 8% supérieur à 72 heures par semaine ». 

Ce temps de travail excessif nuit au temps de formation. Pour rappel, les internes doivent s’acquitter chaque semaine de deux demi-journées de formation théorique. Mais 60% des répondants indiquent « ne pas pouvoir disposer de leur temps de formation ». Un taux qui monte à 71% au sein même des HCL. 

Les repos de sécurité, du fait de ces semaines harassantes, ne sont pas non plus respectés : 80% des internes répondant à l’enquête n’ont pas pu prendre leur repos de sécurité après astreinte. Si 91% des internes prennent leur repos de sécurité après une garde, ils ne sont que deux tiers parmi les internes en chirurgie à pouvoir en bénéficier. 

Tableaux de service et contrôle du temps de travail journalier

Si le SAIHL salue la mise en place d’une instance dédiée à la prise en charge des étudiants de tous niveaux en souffrance, il avance aussi ses revendications. En premier lieu, la mise en place de tableaux de services par l’administration d’ici novembre 2019, « en y intégrant l’ensemble des temps de formation et de repos ». Le SAIHL propose aussi, en accord avec la jurisprudence de la Cour de justice européenne, « que les HCL mettent en place un contrôle du temps de travail journalier des internes, visant à compenser les insuffisances du système actuel ». 

Cette enquête fait suite à un audit de l’AP-HP mené en 2018, qui établit que seuls 27% des internes de l’AP-HP respectent le temps de travail hebdomadaire de 48 heures. 

Portrait de Jean-Bernard Gervais

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