Chine : de faux bilans de santé pour constituer un immense fichier génétique

Le gouvernement chinois a utilisé le prétexte de bilans de santé gratuits pour collecter l’ADN de millions de membres de la minorité ouïghoure. Le tout à des fins de surveillance.
 

Quand les autorités chinoises lui ont parlé d’un « bilan de santé gratuit », Tahir Imin était sceptique, mais il a accepté une prise de sang. Puis son visage a été scanné, sa voix enregistrée et ses empreintes digitales relevées. Mais il n’a jamais reçu les résultats de cet « examen », a-t-il confié au New York Times dans une enquête parue le 21 février.
 
Le quotidien américain affirme que ces « bilans de santé » ont permis au gouvernement chinois de réaliser à grande échelle un fichage de l’ADN des citoyens, dans la province du Xinjiang. Dans cette région située à l’extrême ouest du pays sont surveillés, réprimés et enfermés dans des « camps de rééducation politique » des millions de Ouïghours, minorité musulmane traquée par Pékin, comme l’expliquait l'ONG Human Rights Watch dans un article détaillant l’ampleur et les mécanismes de la surveillance technologique en Chine.
 
Le New York Times a révélé également que la Chine avait procédé à cette collecte grâce à l’aide d’un généticien américain : Kenneth Kidd. L’entreprise américaine Thermo Fischer fournissait quant à elle des équipements scientifiques permettant d'augmenter ses capacités de séquençage de l'ADN à partir des prélèvements. Suite à la publication de l’enquête du New York Times, l’entreprise a annoncé qu’elle cessait la commercialisation de ses activités dans la région du Xinjiang.

Aux États-Unis ou en France, l'élargissement des prélévements d'ADN et des dérives en matière de vie privée sont pointés. En parallèle, plus de 26 millions de personnes se sont déjà prêtées volontairement à un test ADN en vente libre sans que la sécurité de leurs données ne soit garantie. 

Pour en savoir plus, lisez l’article d’Usbek & Rica sur le sujet.  
 

Portrait de Julien Moschetti

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