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L’OMS a assuré que la faiblesse persistante des taxes sur ces produits dans la plupart des pays alimentait l’obésité, le diabète, les maladies cardiovasculaires, les cancers et divers accidents.
Cette situation « permet à des produits nocifs de rester bon marché, tandis que les systèmes de santé subissent une pression financière croissante due aux maladies non transmissibles et aux traumatismes évitables », a estimé l’agence sanitaire des Nations unies dans un communiqué.
L’organisation a souligné que si ces boissons génèrent des milliards de dollars de profits, les gouvernements n’en perçoivent qu’une part relativement faible par le biais des taxes sur la santé, leur laissant ainsi le fardeau des coûts sanitaires à long terme.
Taxer pour investir dans la santé
« Les taxes sur la santé sont l’un des outils les plus efficaces dont nous disposons pour promouvoir la santé et prévenir les maladies », a déclaré le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, cité dans le communiqué.
« En augmentant les taxes (…) les gouvernements peuvent réduire la consommation nocive et dégager des fonds pour des services de santé essentiels », a-t-il souligné.
Lors d’une conférence de presse mardi, il a ajouté que dans les pays les plus pauvres, qui souffrent de la diminution des financements de l’aide, « la mise en place de taxes sanitaires sur le tabac, l’alcool et les boissons sucrées » peut permettre de passer « de la dépendance à l’aide à une autosuffisance durable ».
Difficiles à mettre en œuvre car parfois « impopulaires politiquement » et suscitant « l’opposition de puissants secteurs industriels », ces mesures « constituent un outil puissant pour la santé publique », a-t-il ajouté, citant les mesures prises notamment aux Philippines, en Grande-Bretagne et en Lituanie.
Prix de l’alcool en chute libre
L’OMS a publié deux rapports mondiaux sur la taxation de l’alcool et des boissons sucrées. Il en ressort que la bière est devenue plus abordable dans 56 pays entre 2022 et 2024, et moins abordable dans 37 autres.
L’OMS a analysé la part des taxes dans le prix de détail de 33 cl de la marque de bière la plus vendue et de 75 cl de la marque la plus vendue du type de spiritueux le plus populaire.
« La part médiane mondiale des droits d’accises est globalement faible, à 14 % pour la bière et à 22,5 % pour les spiritueux », indique l’OMS, des chiffres qui ont peu évolué depuis sa dernière étude de 2022 (13,4 % et 24,8 % respectivement).
Le rapport précise que le vin est exempté de droits d’accises dans au moins 25 pays, notamment en Europe. « Les droits d’accise devraient s’appliquer à toutes les boissons alcoolisées », recommande le rapport.
Le second rapport indique qu’au moins 116 pays taxent les boissons sucrées, dont de nombreux sodas, mais que ces taxes « varient considérablement ».
En outre, « de nombreux autres produits riches en sucre, comme les jus de fruits 100 % purs, les boissons lactées sucrées et les cafés et thés prêts à boire, échappent à la taxation », alerte l’OMS.
Avec AFP