Authentiques récits d’un médecin de montagne

En 1982, la commune de Lanslevillard située en Haute-Maurienne a vu arriver le docteur Vincent Lecarme. Celui-ci s’est passionné pour son métier tout au long de sa vie, et actuellement à la retraite, il en profité pour écrire un livre* où il raconte de manière assez personnelle au moyen de textes courts son expérience de médecin de montagne. En dehors de la médecine, il aime la peinture, le piano, la photographie et les randonnées.

«  Ma façon d’aimer ma famille, mes amis, c’est d’exercer profondément ce sacré métier de médecin. Quand je me donne de tout mon être dans mon travail, c’est aussi à eux que je donne tout. Et c’est d’eux que je reçois tout. » Une phrase qui en dit long sur la passion de Vincent Lecarme médecin de montagne pour son métier. Auteur du livre « Sentiers de Vie. Récits d’un médecin de montagne », il a eu l’opportunité à ses débuts de s’installer en Haute-Maurienne, à Val-Cenis Lanslevillard en 1982.  C’est ce qu’il voulait, être loin de la ville, avoir son propre cabinet dans un endroit qui géographiquement et humainement  l’intéressait…

Spécialisé en médecine et biologie du sport, médecin pompier volontaire, médecin correspondant SAMU, pour lui être médecin de montagne, c’est être amené à tout voir, même ce qui dépasse l’imagination. A présent à la retraite, il aimait l’esprit de groupe et la solidarité qui régnait notamment lors de moments délicats comme les avalanches ou les décès difficiles. Dans ce livre, il insiste sur l’importance du décor de sa région et son bonheur de contempler le paysage tout en exerçant sa profession. « A l’hôpital en regardant les radios, on se mettait près de la fenêtre, en regardant aussi les montagnes derrière »…

 

Un engagement de chaque instant

De garde permanente pendant de longues années, il explique l’évolution de la médecine durant ses 35 ans de carrière (matériel et formation de plus en plus sophistiqués, médicaments de plus en plus nombreux…) et ce qu’il reproche à la médecine de ville, tout en disant avoir beaucoup d’estime pour ses collègues : manque d’autonomie, trop de protection, hôpital trop près (là où il exerce, pas d’hôpital à moins d’1heure avec ni spécialiste, ni pôle d’urgence sur place…), changements de médecins comme de chaussettes pour les patients. Être médecin de montagne peut s’apparenter selon lui à une sorte de  sport d’endurance entraînant une excitation permettant de tenir un rythme parfois endiablé demandant d’être constamment disponible que ce soit pour les petits riens comme pour le pire. Ceci en s’adaptant aux éléments de la nature, aux rythme des saisons avec une tenue vestimentaire toujours adéquate particulièrement de bonnes chaussures. D’après ses dires, ce métier comparé à la médecine de ville permet sûrement une relation plus privilégiée avec les patients qui ne sont pas tous, ni tout le temps uniquement des patients. Il parle aussi sciemment des soins qu’il a lui-même reçus, histoire d’installer une meilleure proximité avec les lecteurs et de montrer qu’un médecin est lui-même un patient qui naît et meurt comme tout le monde.

Vincent Lecarme impressionné par les histoires de montagne et les légendes de l’écrivain Charles-Ferdinand Ramuz a toujours aimé écrire, peindre, le piano, les randonnées, et a souhaité avec l’écriture de ce livre laisser une trace pour sa famille et pour informer ses collègues sur cette forme de médecine. Et aussi pour parler des gens de la montagne dont on a selon lui une fausse idée. Une vision assez poétique et sacrificielle de la médecine dans un style agréable avec des exemples parlants de soins prodigués… 

 

Source: 

*Vincent Lecarme, « Sentiers de Vie. Récits d’un médecin de montagne », éditions Glénat.

Portrait de Agnès Figueras-Lenattier

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