Tous ensemble pour réaliser la campagne de vaccination contre la COVID

[La chronique du pharmacien] Alors, oui je l’avoue, ce titre peut ressembler un peu à un slogan de campagne électorale et faire sourire. Mais j’assume cette prise de position ! J’ai l’impression que de mauvaises intentions corporatistes sont en train d’émerger au sein des différentes professions de santé concernées. Chacun se réclame légitime pour porter seul la campagne de vaccination contre la COVID19. 

Alors bien sûr, le début de la vaccination en établissement s’est fait de manière très prudente. La consultation médicale pré vaccinale et le recueil du consentement des patients ont obligé les organisations à adopter un déploiement prudent et limité. Mais dans quelque temps la vitesse supérieure devra être enclenchée afin de vacciner le maximum de personnes le souhaitant.

Car les patients n’attendent que cela et s'interrogent surtout sur d’autres aspects de la vaccination. L'efficacité et la tolérance des vaccins semblent être les vrais questionnements des Français. Ces interrogations sont même reprises en boucle dans la plupart des médias. Donc il existe bien un fossé entre les interrogations des patients et les questions de légitimité du côté des professionnels.

Il semblerait que les différentes corporations (médecins, pharmaciens, infirmiers et autres paramédicaux) cherchent à obtenir le monopole pour appuyer sur le piston de la seringue contenant pour l’instant le fameux ARN messager.

 

Loin de moi l’envie de rentrer dans ce type de polémique (qui au fond ne répond pas aux vraies questions des professionnels de terrain) mais il faut admettre une chose : les médecins doivent être en première ligne pour encadrer et vérifier les bonnes pratiques autour de cette vaccination. 

L’état actuel des connaissances sur ces nouveaux vaccins est quand même relativement faible et il est indispensable en termes de santé publique de s’assurer du respect des indications préconisées.

La consultation pré vaccinale mise en place par les autorités de santé va même dans ce sens. Il est impératif, avant d’injecter, de réaliser un interrogatoire médical. 

Mais, une fois les quelques semaines de recul obtenues avec la vaccination des premiers patients, notre système pourra-t-il tenir la cadence de la vaccination à grande échelle ?

 

Dans tous les cas, les pharmaciens toquent eux aussi à la porte pour participer activement à cette campagne de vaccination. Une fois la mise à disposition de spécialité facilement distribuable en ville, la question va forcément se poser face au nombre d'injections à réaliser en France. Et là, la question de la vaccination en officine va forcément se poser (de même que celle qui pourrait se faire en cabinet infirmier).

Car, c’est très récemment que la profession a reçu l’autorisation de vacciner au côté d’autres professionnels. Les campagnes anti grippales se réalisent aujourd'hui aussi dans des salles de consultations spécifiques disposées au sein des pharmacies. 

Alors bien sûr, la pandémie actuelle vient bouleverser les faibles fondations autour de la vaccination par un pharmacien. Mais, nous sommes en situation de crise et la stratégie envisagée est de vacciner un maximum de personnes pour faire reculer le virus. 

Soyons nous, professionnels de terrain, pragmatiques et réalistes par rapport à la situation. Il semble peu concevable que les millions de patients voulant se faire vacciner pourront bénéficier d’une consultation médicale. 

Laissons donc les premières phases de la campagne se passer le temps de mieux maîtriser les vaccins commercialisés. Et après unissons nos efforts pour relever ce défi de santé publique.

Pour les Français qui ne présentent pas de comorbidité significative ou de problème de santé particulier, laissons les médecins, pharmaciens et infirmiers les accueillir. 

En revanche, les patients à risque doivent obligatoirement passer par la case consultation médicale de façon à prendre en compte les caractéristiques des patients face à ce vaccin.

 

Ne tombons pas dans des prises de position corporatiste car le plus important est ailleurs. Peu importe le professionnel sollicité, les patients ne demandent qu’une chose : bénéficier de cette vaccination en toute sécurité.

Portrait de Romain Lecointre

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