Suppression des ECN, retour du mandarinat ?

Le SNPHAR-E se réveille

Saluée dans l’ensemble, l’annonce de la suppression des épreuves classantes a fait réagir le syndicat de praticiens hospitaliers. Il craint que la nouvelle méthode de sélection ne rétablisse le népotisme d’antan.

Nous sommes le 5 juillet. La France de la médecine s’unit dans la célébration de la fin des Épreuves classantes nationales, annoncée en grande pompe aux Journées d’été de l’Anemf (1) par les deux ministres concernées, Agnès Buzyn et Frédérique Vidal. Toute la France ? Non ! Un syndicat d’irréductibles PH résiste et conteste le bienfondé de cette réforme.

Le 13 août, le SNPHAR-E (2) a publié un communiqué pour exprimer son inquiétude face à cette décision. « Le risque est grand que les étudiants soient à nouveau soumis à des appréciations partiales ; que le népotisme favorise les copinages et certains étudiants "fils et filles de …", au détriment d'étudiants issus de milieux défavorisés ou simplement "non médicaux" voire "non hospitalo-universitaires" ». Plutôt clair.

Le mérite est dans l’anonymat

« Cette interruption prématurée des ECNi sonne comme un retour du mandarinat », ajoute le syndicat. Le parcours aura été long pour tuer le favoritisme dans les études médicales, rappelle-t-il : près de 50 ans, entre la suppression de l’oral (1968), des CES (1984) et des DESC (2017). Il serait bête de revenir en arrière...

Le SNPHAR-E reconnaît que la Paces et les ECN sont très décriées, mais renonce à une sélection qui ne reposerait pas « sur l’anonymat, la méritocratie et l’excellence ». Traduction : pas de « matching » par spécialité reposant sur l’évaluation continue basée sur la simulation, comme le prévoira sans doute la nouvelle réforme. Et au passage, un petit tacle à l’Anemf qui s’est félicitée de cette abolition des ECNi, une réaction que ne comprend pas le syndicat.
 

Réac qui sent la naphtaline ou lanceur d’alerte ? Le SNPHAR-E a dans tous les cas le mérite d’entamer un débat qui n’avait pas vraiment été ouvert jusqu’à présent. Le syndicat propose « au minimum une évaluation de ces récentes ECNi, voire la prise en compte éventuelle d’une part de contrôle continu anonyme, limitant favoritisme et connivences ». Il sera vigilant et « condamnera fermement toute mesure permettant le retour de la cooptation et du népotisme », annonce-t-il.
 

(1) Association nationale des étudiants en médecine de France.

(2) Syndicat national des praticiens hospitaliers anesthésistes-réanimateurs élargi.
 
Crédit photo : Steven Wilke/Flickr
Source: 

Jonathan Herchkovitch

Portrait de Jonathan Herchkovitch

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