#R2Clown ou la fin mal programmée des ECNi

Une réforme nécessaire… mais mal orchestrée. Victor Larsonnier est étudiant en 4e année et élu étudiant à l’UFR santé d’Angers. Il nous raconte comment est perçue la réforme du 2e cycle pour la première promotion concernée.

A Angers, les étudiants en 4e année ont passé leur partiel, blouse blanche sur le dos et  un nez rouge dessiné sur leur masque. Le but : « dénoncer le manque de considération de nos deux ministères de tutelles (MSS et MESRI) », explique Victor Larsonnier.

Ils font partie de la première promotion qui voit s’appliquer la réforme du 2e cycle. Et cette réforme, ils l’ont pourtant voulu : « il fallait sortir des ECNi et du bachotage », poursuit le représentant étudiant. « Il y a eu une grande consultation auprès des étudiants pour voir ce qu’on souhaitait changer. C’était une promesse du candidat Macron, qui devait s’appliquer il y a deux ans mais la réforme n’était pas prête donc elle a été repoussée une première fois et une seconde à cause du Covid. La fin du mandat approchant, ils ont voulu l’appliquer, mais les décrets d’application ne sont pas encore sortis. »

© baphotoside

Que veut cette réforme ? « Ça change pas mal de choses. L’idée était de sortir du tout connaissance, et d’avoir une seule épreuve de connaissance, qui a été avancée de 9 mois. Il a donc été estimé qu’on aurait une réduction des connaissances d’un tiers, ce qui n’est pas effectif. Donc en fait on bachote encore plus car on a moins de temps pour apprendre la même chose… », déplore Victor Larsonnier. « Ensuite nous avons, les ECOS, épreuves techniques, où à partir de vignettes, nous devrons établir une prise en charge, des gestes techniques ou une annonce par exemple. Ce qui est très bien car cela reflète mieux la réalité du terrain. »

L’étudiant rappelle qu’une réforme est nécessaire mais que cette dernière doit être « appliquée correctement ». « Il y a un gros désinvestissement du ministère des tutelles, la réforme n’est pas prête. Les décrets d’applications ne sont pas sortis, on avance dans le flou, on ne sait pas la façon dont on sera classé. Aujourd’hui un étudiant ne sait pas comment travailler des matières car il n’y pas de pondération, ce point va prendre du temps, le ministère lui-même ne le sait pas. Il n’y rien d’officiel, et ils ne font que revenir en permanence sur des positions. Les textes étaient promis avant la rentrée mais on s’en éloigne de plus en plus. »

Aujourd’hui, les étudiants demandent « à ce que le gouvernement prenne conscience du retard pris, qu’il réfléchisse à des adaptations pour pallier cela mais au-delà de la première promo que tout soit prêt, vraiment prêt pour les suivantes. Si on continue à ce rythme, ce sera toujours le même problème. Il faut sortir enfin les textes, et rapidement, mais des textes finis, pas bâclés. Cela permettra d’uniformiser et d’aider les facs à appliquer la réforme. »

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