Pour le collectif PASS/LAS, la réforme des études de santé passe mal

La première génération post-réforme est-elle en train de payer les pots cassés ? Face à une réforme des études de santé qu’il juge mal préparée, le collectif national PASS/LAS, composé de parents d’étudiants et des principaux concernés, demande des moyens et une année de tolérance pour éviter « une génération sacrifiée ». Une membre du collectif nous explique.

Une belle idée en théorie, mais une application brouillonne. La réforme des études de santé découle de la loi du 24 juillet 2019. Elle vise à permettre à un plus grand nombre d’étudiants d’accéder aux études de médecine, à diversifier les profils et organise une réorientation sans perdre de temps pour ceux qui ne valideraient pas leur année. Fin de la PACES et du numerus clausus au profit des voies PASS et LAS et d’un numerus apertus.
 
Pourtant, dans la réalisation, nombreux sont ceux qui dénoncent une mise en place dans la précipitation, un manque d’information et un stress supplémentaire pour les principaux concernés. C’est le cas du collectif national PASS/LAS. Il a été créé par des étudiants et leurs parents pour les inscrits de l’année 2020-2021 qui sont les premiers à entrer dans cette nouvelle arène.
 
WUD a interrogé une membre de ce collectif (qui souhaite rester anonyme). Médecin et mère d’une élève en PASS, elle dénonce une année bancale qui porte préjudice aux étudiants. L’annonce de la suppression du numérus clausus a entraîné un bond dans les inscriptions mais pas dans les places disponibles. Les étudiants n’auront plus la possibilité de redoubler et se retrouvent sur les bancs de la fac avec les derniers PACES qui ont bénéficié de l’ancien système et donc d’une deuxième tentative.
 
Une année à deux vitesses qui a vu fleurir des collectifs, portés par des parents inquiets, un peu partout, avant de se rassembler en un groupe au niveau national. « On se mobilise en tant que parents car nos enfants sont complètement absorbés par leurs études, le travail à fournir en 1ère année est colossal, on le sait. Le stress face à toutes ces incertitudes vient se rajouter, ce n’est pas normal ».
 
En ligne de mire, une année de mise en place d’une réforme dans la précipitation alors que la priorité est de se réorganiser en temps de Covid et un manque d’informations qui cristallise les inquiétudes. Le nombre de places, la validation des mineures, leur modalité d’enseignement… « Tout tombe au compte-goutte et on se rend compte que cette promotion est une génération sacrifiée ! », se désole la médecin.  
 
Une pétition avec plus de 4 000 signataires en une semaine
 
Malgré un constat amer, le collectif PASS/LAS n’a pas l’intention d’arrêter de se mobiliser. Il  a mis en ligne une pétition qui a récolté plus de 25 000 signatures en deux semaines. « On essaie aussi d’alerter les députés, les média, les ARS, le Conseil de l’Ordre, on a des groupes sur les réseaux sociaux… On fait tout ce qu’on peut pour être entendu car il faut aller vite, l’année est déjà bien entamée ! », s’inquiète la médecin.
 
Les demandes du collectif
 
Plus de moyens et plus de places. Voilà la base des revendications du collectif. « Nous demandons donc le déblocage des fonds prévus par le Loi pour qu’une augmentation de 33% de la capacité d’accueil en seconde année des formations en santé soit mise en oeuvre dans toutes les universités de France qui appliquent pour la 1ère fois la réforme cette année », peut-on lire dans la pétition.
 
De plus, le collectif demande de revoir la politique en cas d’échec, afin que tous les étudiants soient logés à la même enseigne. « On navigue à vue depuis le début de l’année, on aimerait qu’au moins cette année, où le numerus clausus n’est pas agrandi, les étudiants aient la possibilité de redoubler en attendant que la réforme soit finalisée », explique notre interlocutrice.  
 
 

Portrait de Constance Maria

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