Réforme des études de santé : le ministère de l’enseignement supérieur maintient le cap

Lors d’une conférence de presse ce jeudi 25 mars, le ministère de l’enseignement supérieur est revenu sur la réforme des études de santé et notamment les inquiétudes des étudiants et leurs parents portées par le collectif national PASS/LAS.

« Cette réforme se met en place, dans une année bien particulière sur fond de crise sanitaire, avec des étudiants qui rentrent à l’université en distanciel. On comprend parfaitement l’angoisse que cela peut représenter », commence d’emblée le ministère de l’Enseignement supérieur. Objectif donc, revenir sur les fondements de cette réforme et (tenter de) rassurer les premiers concernés.

D’abord, reprise des fondamentaux. « Jusqu’à présent l’entrée dans les études de santé était régie par un concours de fin d’année, essentiellement un QCM avec des connaissances mémorisées sans être forcément comprises. Dès le premier semestre, un certain nombre ne pouvait pas concourir ni redoubler. A l’issue de la PACES, ceux qui n’avaient pas réussi, repartaient à zéro sans acquis ». Le but de la réforme était donc triple comme le rappelle le ministère :

  • Diversifier les profils des étudiants en santé ;
  • Permettre une reprise d’un cursus sans perte d’années en cas d’échec ;
  • Créer des licences d’accès en santé dans les territoires qui n’avaient pas de composante santé dans leurs universités.

Une réforme séduisante sur le papier donc mais dont la mise en place a été décriée par de nombreux étudiants et leurs parents qui ont notamment créé le collectif national PASS/LAS pour dénoncer une génération sacrifiée face aux couacs de cette première année de réforme.

Concernant le taux de réussite, « il sera au moins identique à celui des primants de l’année dernière », assure le ministère. « Il n’est pas question de sacrifier une génération pour faire passer une réforme. Il faut assurer l’équité promotion après promotion. On va avoir une augmentation très importante de places pour tout le monde. Mais les universités ne peuvent pas absorber une augmentation massive en un an car cela ne permettrait pas d’assurer un parcours satisfaisant pour les étudiants par la suite », poursuit l’institution.   

« 4 inspecteurs généraux ont été nommés par la ministre pour réaliser, entre autres, le travail d’évaluation des capacités d’accueil en 2ème année. Une première note sera rendue à la fin de la semaine prochaine. Par ailleurs, beaucoup d’inquiétudes des enfants et parents, font valoir le manque d’une 2ème chance. Or, si on ne peut pas redoubler, on a le droit de tenter une deuxième chance en 2ème ou 3ème année », insiste le ministère.

« Dans l’ancien système : les parents des étudiants de PACES appelaient ça ‘une boucherie’. Beaucoup se retrouvaient au point de départ après un redoublement. Là on a une véritable deuxième chance, les collectifs ne retiennent que l’absence de redoublement, message qu’on n’a pas bien réussi à faire passer, pourtant il est simple et compréhensible. C’est-à-dire que tous ceux qui tentent la 2ème chance le fassent de façon équitable. Il y a des possibilités de réussir à d’autres moment, avant les collés de PACES, ne pouvaient plus revenir sur des études de santé », rappelle le doyen Patrice Diot, également présent lors de ce point presse.

Une concertation entre les ministères de la Santé et de l’Enseignement supérieur vise à définir les besoins en termes de professionnels de santé sur les 5 années à venir. « Les chiffres correspondant aux besoins des ARS vont être croisés avec ceux des capacités d’accueil des universités afin d’aboutir à cet objectif. Cette organisation quinquennale va nous prémunir de l’effet yoyo, qui était trop marqué du temps du numerus clausus. Mais nous ne pouvons pas avoir une équité absolue car les chiffres doivent coller aux besoins du pays et donc par là même être mobiles. Mais le but de cette projection sur 5 ans est d’éviter les variations brutales », ajoute le ministère de l’Enseignement supérieur.

Autre point de tension, les liens entre les différentes UFR. « Nous avons eu des remontées constructives d’associations étudiantes. Il va y avoir un vade-mecum la semaine prochaine, pour préconiser l’amélioration des liens entre universités de santé et les autres composantes. On nous a remonté les difficultés de mises en place et de dialogue entre les LAS, nous les avons notées. Il y a une possibilité de mise en place d’une commission de suivi de la réforme, pour avoir un positionnement transversal clair ».

La surcharge de travail, notamment variant d’une université à l’autre, sera étudiée par une chargée de mission qui veillera à ce que chaque université adapte son programme. « Le but de la réforme n’est pas d’avoir un programme de PACES + celui d’une L1. Il y a des universités où nous avons été alertés d’une accumulation des connaissances et ce n’est pas l’objectif de cette réforme ».

Avant de conclure : « beaucoup de gens ont pensé que la disparition du numerus clausus rendait la formation plus accessible. Cela reste une formation difficile et sélective même si le parcours doit être optimisé. Nous avons demandé une mission d’inspection générale pour avoir un bilan d’expérience dès la mi-année afin de pouvoir tirer des conclusions ».  

Portrait de Constance Maria

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