Entre réforme et Covid, la difficile année d'Eva, étudiante en PASS

Alors que la première année de médecine est connue pour être une parenthèse de révisions intensives, la difficulté se trouve encore relevée d'un cran cette année. Entre la réforme des études de santé et la crise sanitaire, la situation peut parfois être dure à supporter. Eva, étudiante en PASS à Nice, témoigne.

La première année de médecine, c’est beaucoup de travail. Quand on se lance, on le sait. Quand on est passé par là, on s’en souvient. Pourtant avec la crise sanitaire et la réforme des études de santé, la difficulté est encore accrue. Et pour les étudiants, cette situation inédite est dure à vivre.
 
« Depuis le début de l’année, les cours sont à distance. On n’a pas de contact avec les autres. On n’a jamais rencontré nos professeurs », témoigne Eva, étudiante en PASS à Nice.  « Les cours ne sont pas en direct mais en visio-conférences pré-enregistrées et l’emploi du temps n’est pas du tout suivi. On est livrés à nous-mêmes ».  Idem pour l’organisation des concours blancs, qui se font également à distance. « Avant, le tutorat niçois organisait des épreuves en présentiel, mais là encore il faut se contenter du digital, donc toujours aucun lien social qui se crée », déplore Eva.
 
Si elle savait que l’année allait être dense, sa motivation et son envie l’ont conduite à se lancer quand même dans l’aventure des études de médecine. Et pourtant, son expérience est loin de ce qu’elle pouvait attendre : « je savais ce serait très dur mais en temps normal c’est aussi une période où des amitiés très fortes se lient, à la hauteur des difficultés. En première année, on espère en général trouver des petits groupes de travail pour se motiver, il y a du soutien et une émulation », explique l’étudiante de 18 ans.
 
« Quand on est seul.e, c’est forcément plus compliqué. Pour ma part, j’ai décidé de rentrer chez mes parents. J’avais pris un appartement, mais je ne sortais pas du tout, au niveau du budget ça ne valait pas le coup ». Face aux échos de certains camarades de promotion, Eva réalise que c’est une chance d’avoir pu rentrer. « Je connais des gens que ça affecte encore plus car ils ont dû rester seuls à Nice, leurs familles étant trop loin ».
 
En guise de vie étudiante, quelques groupes sur les réseaux sociaux ont émergé et les relations restent donc virtuelles pour la plupart des étudiants.
 
Autre ombre majeure à ce tableau déjà peu éclairé, la réforme des études de santé. « Les modalités n’arrêtent pas de changer. Le choix d’une mineure devait nous assurer une porte de sortie en cas de décrochage, finalement on nous annonce qu’il faut quand même avoir la moyenne pour y accéder. Donc cela rajoute juste du travail. Par ailleurs, les cours d’option sont saturés, on nous oublie dans certaines matières. On se sent sacrifié.e.s cette année, d’autant qu’il n’y a pas réellement l’augmentation annoncée au niveau des places disponibles », soupire la jeune femme.
 
Avant de conclure, en demi-teinte : « cette année je voulais me donner à fond, parfois je me sens découragée… Je rêve de ces études depuis très longtemps et pourtant, entre Covid et réforme, j’ai peur que tout craque  ».

Portrait de Constance Maria

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