Procédure de choix : Pour Clémence Godemel de l'AIGM, la gynéco est "archi-complète"

Dans l'optique du choix des spé et des établissements suite aux #ECNi2020, WUD lance une série d'entretiens avec des responsables de syndicats d'internes, pour vous faire découvrir les différents DES et régions qui s'offrent à vous. Aujourd'hui, entretien avec Clémence Godemel,  vice présidente de l'Association nationale des Internes en Gynécologie Médicale (AIGM) qui défend un DES à l'activité variée.

What’s up Doc. Pourquoi tu kiffes ta spé ? 

Clémence Godemel. C’est une spé archi complète, à tout point de vue ! Je m’explique, on accompagne la femme dans toutes les étapes de sa vie : d’une puberté pathologique chez l’adolescente, à un cancer génital chez la femme plus âgée, en passant par la prise en charge de son infertilité à la trentaine. En fait, elle est à l’interface entre l’endocrinologie, l’obstétrique et l’oncologie. Le type d’activité est également varié. Nos semaines peuvent se diviser en journée autour de la prévention avec le planning familial par exemple, comme au bloc opératoire avec tout ce qui est IVG, ponctions d’ovocytes, hystéroscopies, etc. Elle peut s’exercer tout aussi bien en ville qu’à l’hôpital. Actuellement, plus de 90% des gyneco med font un post internat. Et elle permet de travailler en autonomie, avec l’échographie. C’est une pratique passionnante qui est apprise très tôt dans l’internat. 

WUD. Ta spé, elle glow up ou glow down ?

C. G. Glow up, mille fois ! Elle avait été supprimée pendant 16 ans à l’ECN, et réouverte en 2003. Et depuis, le nombre de postes augmente chaque année car il y a un vrai besoin en terme de démographie médicale. Nous sommes une petite spécialité - avec 84 internes nommés en 2020 - à taille humaine, ce qui présente l’avantage de pouvoir faire bouger les choses rapidement, avec les coordinateurs régionaux ou nationaux. 

WUD. Une astuce pratique pour aborder positivement ta spé dès le premier trimestre?

C. G. Commencer par un stage de gynéco-obstétrique. Les urgences gynécos, on y est clairement dépassé par les évènements au début, on va pas se mentir, mais une fois les deux pieds dedans, on y acquiert une autonomie et de solides bases. Ensuite, on a beaucoup à apprendre des sages-femmes pour toute la partie obstétricale, cela sera très utile. Enfin, aller au bloc au début c’est important, pour pouvoir expliquer aux patientes comment et pourquoi nous passons parfois la main aux chirurgiens. Et si possible en périph’, c’est vrai que ça permet un début plus en douceur…
" Nous ne sommes pas des chipies et je vous invite à venir le vérifier aux afterwork des gynécos qui ne sont pas les plus tristes ! "

WUD. C’est quoi les avantages de la gynéco medicale ? 

C. G. Il y en a des tas ! Mais si je devais choisir, je dirai déjà de pouvoir l’exercer comme on l’entend. La plupart s’installeront en libéral à terme, pour une pratique plus généraliste de la gynécologie. Mais il y a une grande place tout de même pour l’hospitalier, avec par exemple des compétences plus spécifiques via les 3 FST proposées (oncologie, procréation médicalement assistée, pharmacologie médicale), et les nombreux DU (colposcopie, sexologie, hystéroscopie, etc…). Je rajouterai également le côté humain du métier. Nous sommes au service de la patiente qui nous implique pleinement dans son intimité. Il faut jongler avec la pudeur, l’implicite, l’éthique parfois. Absolument passionnant.  

WUD. Elle a des inconvénients ta spé ? 

C. G. Des chefs pas toujours très disponibles dans les stages d’obstétrique... C’est un problème récurrent du fait de leur polyvalence. Ils doivent parfois gérer de front la salle de naissance, le service de grossesse pathologique, les urgences, et leurs consultations. Je dirai aussi une disparité de formation entre les villes, avec certaines sans service de gynécologie médicale à proprement parler, et pas toujours de stage en libéral. 

WUD. Un cliché, une anecdote sur ta spé ?

C. G. Le cliché, c’est bien sûr la pseudo rivalité avec les gynéco-obstétriciens. Aussi, certains pensent qu'une équipe composée majoritairement - voire parfois exclusivement - de filles impliquerait une mauvaise ambiance. Nous ne sommes pas des chipies et je vous invite à venir le vérifier aux afterwork des gynécos qui ne sont pas les plus tristes ! Nous travaillons ensemble, en complémentarité, et dans la grande majorité des cas cela se passe très bien ! 
Portrait de Mélanie Philips

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