Procédure de choix: la néphro, une spé " transversale " pour Valentin Maisons, président du Snin

Dans l'optique du choix des spé et des établissements suite aux #ECNi2020, WUD lance une série d'entretiens avec des responsables de syndicats d'internes, pour vous faire découvrir les différents DES et régions qui s'offrent à vous. Aujourd'hui, entretien avec Valentin Maisons, président du Syndicat des internes en néphrologie (SNIN) qui défend un DES extrêmement transversal.

What’s up Doc. Pourquoi tu kiffes ta spé?

Valentin Maisons. C’est une spé qui est très transversale, et c’est vraiment le premier mot que j’ai envie de dire quand je parle de la néphrologie. Certes on a un organe privilégié qui est le rein, mais nous avons tellement d’interactions avec les autres spécialités que l’on est obligé de s’ouvrir au reste de la médecine. Par exemple, les patient greffés rénaux sont pris en charge de A à Z. Idem pour les patients insuffisants rénaux chronique. Et moi j’adore cette transversalité. Elle se retrouve aussi dans toutes les activités que l’on fait, avec de l’éducation, du suivi chronique de patient qui ont des maladies sur le très long terme. On fait aussi des gestes techniques avec la biopsie rénale et les cathéters de dialyse. On fait des gestes très techniques avec l’hémodialyse. Nous faisons aussi beaucoup d’immunologie en prenant en charge les pathologies. Donc c’est vraiment un panel qui est extrêmement large et sur le plan de l'intérêt, c’est vraiment très gratifiant.

WUD. La néphro c’est plutôt glow up ou glow down? 

V. M. Plutôt glow up. Je pense qu’elle se bonifie avec le temps. On peut se sur-spécialiser et faire vraiment ce qu’on kiffe au sein de la néphrologie. Par exemple, il y en a qui sont sur-spécialisés en hémodialyse, d’autres font plutôt de la néphrologie proche de la médecine interne. Certains néphros sont greffeurs et ne font que de la transplantation rénale. Il faut aussi considérer que des pathologies comme le diabète ou l’hypertension artérielle sont en train d’exploser : nous avons de beaux jours devant nous. Il y aura besoin de néphrologues dans les temps à venir. 

WUD. Quels conseils donnerais-tu à un futur interne en néprologie? 

V. M. Je dirais de garder une ouverture d’esprit sur toutes les autres spécialités parce qu’ils en auront besoin. Et puis aussi d’avoir le goût du travail puisque c’est une spécialité où il faut travailler pas mal pour pouvoir avancer. Nous avons aussi des associations de jeunes très dynamiques qui proposent de nombreuses activités. Donc il ne faut pas hésiter à se rapprocher des asso pour davantage kiffer la spé.

" Je voudrais aussi dire que l’on a une approche médico-chirurgicale avec la transplantation rénale puisqu’on travaille au coude à coude avec les urologues "

WUD. Quels sont les avantages de ta spé?

V. M. Il y en a beaucoup. Le premier, c’est la diversité des modes d’exercice. Il y en a certains qui pensent que c’est uniquement un exercice hospitalier, alors qu’il y a 30 % des néphrologues qui travaillent en libéral, donc c’est une part qui est non négligeable. On peut aussi exercer en mode associatif : cela consiste à être employé par une association de dialyse. Cela permet d’avoir une activité de consultation à côté ou d’autres activités annexes. Par exemple, on peut avoir une activité partagée entre l’asso’ de dialyse et l’hôpital. Autre avantage, la transversalité. Pour ceux qui aiment l’interventionnel, la spécialité recèle pas mal de gestes techniques. Il y a deux principaux gestes techniques : la pause de cathéter, qui se décline de plusieurs façons avec les cathéter jugulaires, fémoraux, de longue durée. Et le deuxième c’est la biopsie rénale, qui est un geste à haut risque hémorragique. La néphrologie comporte aussi une approche médico-chirurgicale : en transplantation rénale nous travaillons de concert avec les urologues. Ils représentent le versant chirurgical, et nous le versant médical. Et dans les centres où ça se passe bien, c’est hyper gratifiant de pouvoir bosser main dans la main avec les urologues. Nous nous occupons énormément de suivi chronique avec les insuffisants rénaux, que l'on suit pendant des années. Et ça, au niveau relationnel et humain, c’est hyper enrichissant. Nous prenons aussi en charge les phases aiguës, avec notamment tout ce qui est dialyse aiguë, les vascularites qui flambent et toutes les pathologies aiguës.Nous connaissons de grandes montées d'adrénaline !

WUD. Y a-t-il des inconvénients? 

V. M. Effectivement il y en a, et c’est ce que je disais tout à l’heure. Pendant l’internat, on a quand même beaucoup de travail, donc peu de temps personnel. Pour moi c’est le principal inconvénient. Autre inconvénient pour ceux qui n’aiment pas se creuser les méninges : il faut quand même pas mal réfléchir sur les prises en charge.

WUD. C’est quoi le cliché qui tourne sur la néphro ?

V. M. Les néphros ont la réputation d'être des intellos. On dit souvent que  « la néphro c’est compliqué ». Mais il n’y a pas besoin d’être Einstein non plus. Il faut juste essayer de comprendre les diverses mécaniques physiopathologiques. 

 
Portrait de Mélanie Philips

Vous aimerez aussi

Avec la R3C, le post-internat devrait retrouver sa raison d’être : une expérience qui renforce la cohérence d’un projet professionnel. Mais faut-il...

Le gros dossier

 

Le magazine What’s Up Doc est édité par l’agence Planète Med.