Plus de thunes, moins de travail : les médecins toujours gourmands

Avec une moyenne de près de 100 000 euros par an, trois médecins sur quatre s’estiment mal rémunérés. Ils sont en revanche satisfaits de leur compétence professionnelle, d’après une enquête de Medscape.
 

Quel humain sain d’esprit demanderait à être moins payé ? Pas les médecins, en tout cas, qui ne semblent pas être satisfaits de leur compte en banque. Ils sont 74 % à se plaindre d’une rémunération insuffisante au regard de leur responsabilité, de leur charge de travail et de leurs études. Pour 97 000 balles par an avant impôts, t’as plus rien.
 
C’est l'un des résultats d’une enquête en ligne menée par Medscape auprès de 863 de ses membres, médecins, exerçant à temps plein en France. L’échantillon comporte 68 % d’hommes, et 64 % d’hospitaliers. Un quart d’entre eux exercent en Île-de-France.

Tout fout l’camp, et c’était mieux avant

Dans le détail des rémunérations, les généralistes déclarent en moyenne 96 000 euros par an, et les autres spécialités 98 000. Les libéraux 116 000, et les hospitaliers 77 000 (soit 40 % de moins).
 
La moitié (51 %) des médecins interrogés rapportent une baisse de pouvoir d’achat. Chez les libéraux, le taux monte même jusqu’à 67 % ! Étrange : d’après la Carmf, leurs revenus sont en hausse. Mais bon, s’ils le disent… Il faudra se résoudre à dire adieu la perspective d’une Tesla, et se contenter d’une Porsche bas-de-gamme et de lèche-vitrine.
 
Côté boulot, ça charbonne quand même : 54 heures par semaine en moyenne (55 heures pour les hommes, 51 heures pour les femmes), le temps de voir 78 patients (110 pour les libéraux et 115 pour les généralistes !). Pas plus ? Non, car les médecins déclarent aussi en moyenne 11 heures de travail administratif. Pour un tiers d’entre eux, c’est plus de 15 heures. Une charge en procédures administratives qui représente l’aspect le plus ardu du travail (39 %), devant les horaires de travail (27 %).

Les médecins restent les plus forts

Pas assez payés, trop de boulot, trop d’administratif… Au moins, du point de vue du travail qu’ils fournissent, les médecins sont fiers. Près des trois quarts (71 %) sont satisfaits de leurs compétences professionnelles (auxquels on peut ajouter les 23 % d’indécis). Une autosatisfaction qui se base sur les louanges des confrères et des patients, et repose sur une formation initiale et continue plébiscitée.
 
Au final, deux médecins sur trois affirment que si c’était à refaire, ils referaient médecine. Mais chez les moins de 45 ans, tout n’est pas aussi évident : ils sont 42 % à déclarer qu’ils opteraient pour une autre carrière. L’appétit vient en mangeant…

Portrait de Jonathan Herchkovitch

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