Mémoire d’interne : Marcy Pondi

Marcy Pondi, 30 ans, anesthésiste à Paris, Propos recueillis par Jean-Victor Blanc, photos Lisa Camus. 

What’s up Doc : Quel est ton premier souvenir d’interne ?

Marcy Pondi : La réunion d’accueil dans un grand amphi avec un PU-PH qui entonne « Bienvenue dans la Région-Capitale » de manière super condescendante… Quelle blague ! Niveau clinique, ce sont mes premiers pas au bloc, quand tu mesures à quel point la vie est fragile : en appuyant sur un bouton ou touchant un tuyau, tout peut s’arrêter… Tu sens d’un coup toute ta responsabilité de médecin !
 

WUD : As-tu un souvenir de garde particulièrement marquant ?

MP : Je me souviens de l’accueil d’un polytraumatisé, les deux jambes coupées en essayant de récupérer son portable sur les voies du métro. Mais finalement, au delà du caractère physique des lésions, c’est souvent le contexte social de ces histoires qui me touche.
 

WUD : Qu’est-ce que tu as préféré dans l’internat ?

MP : Mes deux ans de dispo ! Je me suis formée à la permaculture, l’hypnose, j’ai appris à coder, fait du yoga et de la poésie, voyagé… Cela a été pour moi indispensable, j’en ai profité pour beaucoup réfléchir aussi, sur la médecine et le reste !
 

WUD : Et pourquoi avoir choisi l’anesth-réa ?

MP : C’est très concret, palpable, le côté « il dort/il dort pas ». Je pense que j’avais besoin de ça dans mon exercice. Tu as aussi de belles montées d’adrénaline, mais pas tout le temps. Et les terrains de stage sont très variés pendant l’internat !
 

WUD : Qu’est-ce qui a été le plus difficile pendant ton internat ?

MP : Le caractère violent du monde hospitalier, son manque de bienveillance parfois. Ça me manquait déjà pendant l’externat remarque ! Le tout conjugué à la fatigue… Je regrette cette dichotomie corps/esprit dans nos études, le fait que l’environnement, le contexte social, la spiritualité des patients soient trop peu pris en compte à mon goût !
 

WUD : Et pour toi alors, l’interne : étudiant ou médecin ?

MP : Je pense que ce n’est pas l’un ou l’autre, mais qu’on passe constamment de l’un à l’autre. La transitition est progressive, et heureusement ! Je pense aussi que cette transition pourrait et devrait être mieux accompagnée.
 

WUD : Qu’est-ce que tu conseillerais à la jeune Marcy qui fait son premier jour à la fac de médecine ?

MP : Fais-toi confiance, sois moins dure avec toi-même et arrête de douter de ton rapport ambivalent à la médecine, tu trouveras les réponses !
 

Portrait de Jean-Victor Blanc
article du WUD 48

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