Manif des Padhue : «On veut juste légaliser l'exercice de médecins qui soignent déjà les Français»

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La réforme des PADHUE devait améliorer notablement leur situation. Deux ans après la promulgation de la loi, elle n’est toujours pas appliquée. Épuisé par le retard pris dans le cadre du dispositif transitoire d'autorisation d'exercice, le SNPADHUE a décidé de lancer une action hier, devant le ministère de la Santé. Tous les syndicats se sont mobilisés pour leur prêter main forte. 

Manif des Padhue : «On veut juste légaliser l'exercice de médecins qui soignent déjà les Français»

« Madame la Ministre, les Padhue sont abattus ; stockez. Stockez, padhue au rabais ; EVC vinght et un, arrêtez, le déclin ! » voici autant de messages de désespoir et de révoltes qui ont défilé hier, avenue de Ségur. Guillaume du Chaffaut, directeur adjoint du cabinet de Brigitte Bourguignon, et Cécile Lambert la directeur général (par interim) de la DGOS les ont reçu les représentants des Padhue, hier.

Bien que le ministère reconnaisse « le rôle des padhue », et qu’il assure que « le dossier est vraiment pris au sérieux au plus haut des instances par la Ministre », le bilan est là ! Voilà trois ans que le dossier est à la traîne. Nefissa Lakhdara, secrétaire générale du SPADHUE, déplore « La procédure stock connaît un retard incroyable »

Cette procédure devait être achevée en décembre 2021, mais a été repoussée jusqu’en décembre 2022. À l’époque, le SNPADHUE avait été compréhensif. Aujourd’hui, pratiquement deux ans après le dépôt des dossiers, « deux tiers d’entre eux sont encore au niveau des ARS», explique Nefissa Lakhdara. « Cela fait des mois que l’on interpelle les ARS, la DGOS, et le CNG. Nous leur avons expliqué qu’il faut mettre les moyens humains, et organisationnels. Nous nous rendons compte qu’aucun moyen n’a été injecté en plus, mis à part deux personnes supplémentaires au niveau du CNG. »

« C’est un chantier incroyable alors que la loi a été promulgué il y a 3 ans, c’était juste pour légaliser l’exercice de gens qui soignent déjà les patients français. "

« La situation est alarmante » car les PADHUE sont bloqués sur des postes.  Le temps de l’instruction du dossier, les praticiens bénéficient d’une autorisation temporaire d’exercice. Mais ils restent sous le même statut et au même poste qu’au moment du dépôt de leur dossier. Toutes les autorisations d’exercice se terminent au 31 décembre 2022. Certains vont se retrouver au chômage. « Nous sommes à 7 mois et il y a un flottement total. » conclut-elle

Autre abérration : à la fin de l’année tout ceux dont le dossier ne serait pas instruit passeraient en statut de praticien associé. Un statut encore plus précaire.

Enfin les EVC 2021 (épreuves de vérification des connaissances) ont été victimes de décret sur décret, reports, désaffections, sans jamais être réellement validés avec des attributions réelles de postes. Les listes ont été rééditées avec des ajouts de postes. Malgré tout, « nous avons encore des appels de Padhue. Il faut que cette affectation se fasse dignement. »

« C’est un chantier incroyable alors que la loi a été promulguée il y a 3 ans, c’était juste pour légaliser l’exercice de gens qui soignent déjà les patients français. Ce ne sont pas des gens que l’on fait venir de l’extérieur.»  

Le syndicat SNPADHUE refuse donc les reports supplémentaires, et demande fermement d’appliquer la loi, afin de consolider le statut des Padhue.  

 

 

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