À Lyon, vaccins, tests PCR et urgences Covid se sont invités dans le parcours des internes

Entre septembre et décembre 2020 tout particulièrement, le CHU de Lyon a été très affecté par la crise de la Covid-19. Cette situation exceptionnelle a beaucoup impacté le déroulé des internats.

« Je me souviens que le pic des hospitalisations Covid, c’était le jour où j’ai changé d’internat », raconte Lucas Reynaud, président du Syndicat autonome des internes des hôpitaux de Lyon (SAIHL). « Cela fait un an que je ne fais presque que de la Covid, c’est très dur et pas très formateur. »Comme lui, de nombreux étudiants en médecine racontent un début d’année scolaire difficile. Des cours qui sautent, d’autres qui se font à distance. Des externes réquisitionnés pour faire des tests PCR. Des internes qui se sentent oubliés. Et une colère qui monte. « Ces derniers temps, beaucoup d’internes mais aussi d’externes craquent, ajoute Lucas Reynaud. On n'avait pas signé pour ça. » Il raconte l’absence de vie sociale, et les décès en réa Covid qui s’enchaînent. « Nous sommes très isolés et je pense que la Faculté ne réalise pas à quel point nous allons mal. »

Située à 2 h de Paris et 1 h 45 de Marseille, la ville de Lyon attire chaque année des internes grâce à sa géographie, son important CHU mais aussi sa vie sociale et culturelle riche. Mais depuis le début de l’hiver, entre la deuxième vague qui n’en finit pas et la fermeture des lieux de fête, la ville a perdu de sa superbe et la vie au CHU ne fait plus rêver. « Je pensais faire une carrière hospitalière, souligne Marie. Mais là, je termine dans 6 mois, je vais rentrer chez moi et ouvrir un cabinet en libéral. Cette crise m’aura au moins permis de revoir mes priorités. »

Du côté de la faculté de médecine, Jean-François Guérin affirme être conscient que ce malaise étudiant grandit. « Une cellule d’écoute a été lancée pour aider l’intégralité des étudiants en santé qui en auraient besoin », continue ce coordinateur du PASS à Lyon-Est. Carole Burillon, doyenne de la faculté de médecine Lyon-Sud, ajoute qu’un groupe de travail « copiloté par des enseignants et le service de médecine universitaire » recense, avec plusieurs internes, les besoins des futurs médecins afin de leur apporter « des réponses adaptées ». « Une enquête est également prévue [pour] décrire le rapport au travail des internes, les facteurs de stress associés, leur gestion de ce stress et des sollicitations issues du milieu professionnel. » La Faculté souligne aussi que des mesures ont été mises en place pour rappeler « l’importance de respecter le temps de travail des internes » et que la Doyenne se tient à la disposition de toutes celles et ceux qui éprouveraient des difficultés.

L’équipe encadrante espère maintenant que la rentrée de septembre sera un peu moins perturbée. Dans le cas contraire, des mesures d’accompagnement seront mises en place pour les futurs internes. « L’internat dure plusieurs années, ajoute une responsable de formation. On espère que d’ici la fin de leurs études, les internes pourront découvrir la richesse de la ville et peut-être même s’y installer. Cette parenthèse va se refermer un jour. »

Portrait de Elodie HERVE

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