Loi de programmation Recherche : la médécine gé' sous la coupe des CHU !

Les acteurs des soins primaires, tant les enseignants que les étudiants, dénoncent un projet de loi en recherche hospitalo-centré. 

C’est assez unique pour être mentionné : la quasi totalité des acteurs, enseignants, praticiens, sociétés savantes, organismes de formation en médecine générale ont signé un communiqué commun pour vomir la prochaine loi de programmation pluri-annuelle en recherche. Car cette loi (LPPR) qui, avant l’épidémie de Covid, avait déjà mobilisé le monde de la recherche contre elle, fait son retour et devrait être présentée officiellement en Conseil des ministres le 8 juillet prochain. En cause pour le monde des soins primaires : l’article 23 du projet de loi. Il énonce la création d’un comité territorial de la recherche, créé autour de chaque centre hospitalier et universitaire.
Ce comité, « lieu de l’animation et de la coordination territoriale de la recherche en santé » devrait coordonnner « sous la responsabilité du centre hospitalier et universitaire, la mise en œuvre de la politique de recherche clinique et de recherche en soins primaires ».
Le rapport qui accompagne ce projet de loi, lequel a été présenté début juin au monde de la recherche, établissait que « dans le domaine de la santé, la recherche clinique organisée par le CHU doit pouvoir dépasser ses murs et se projeter sur l’ensemble d’un territoire. Elle doit impliquer plus largement les professionnels de santé médicaux et paramédicaux avec le souci de développer une recherche interventionnelle en conditions réelles ».

Stupéfaction 

Et c’est là que le bât blesse. « La stupéfaction est totale lorsque nous prenons connaissance du projet de loi de programmation pluriannuelle de la recherche à l’encontre des promesses de ma santé 2022 et de son virage ambulatoire. Non content de l’absence totale de concertation avec les professionnels et les enseignants chercheurs concernés, le projet de loi propose la création de pôles de recherche encore une fois sous la coupe de l’administration des centres hospitalo-universitaires et non pas sous celle, plus légitime, des universités ». Et d’ajouter : « c’est la preuve flagrante d’une vision rétrécie du système de santé où la vie des patients se résume à leur passage en CHU et ne prend pas en compte les véritables acteurs des soins ambulatoires et les besoins des patients ». Les signataires de ce communiqué demandent donc la modification de l’article 23 de ce projet de loi, « qui doit énoncer que la responsabilité de la recherche en soins premier relève des universités, et non pas des CHU ».

Portrait de Jean-Bernard Gervais

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