Le Covars a décidé de ne pas trancher sur le port du masque obligatoire

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Face à la triple épidémie Covid-grippe-bronchiolite, le Covars recommande d'"amplifier le plus rapidement possible" les gestes barrières et la vaccination, sans se prononcer pour ou contre une obligation de port du masque en lieux clos.

Le Covars a décidé de ne pas trancher sur le port du masque obligatoire

© IStock 

Face à "une reprise de circulation active du Sars-COV2, un franchissement de seuil épidémique de la grippe et une épidémie intense et précoce de bronchiolite, ainsi qu'en prévision des prochaines fêtes de fin d'année, source d'importants brassages intergénérationnels", le Comité de veille et d'anticipation des risques sanitaires, successeur du Conseil scientifique, émet de nouvelles préconisations dans un avis publié hier.

Sur le masque, le comité observe le "très faible niveau du port du masque dans les transports en commun et autres lieux clos" et précise que "le bénéfice" d'un port généralisé dans de tels lieux "porterait sur les trois épidémies en cours", dans son nouvel avis remis au ministère de la Santé et de la Prévention.

Mais le Covars, présidé par l'immunologue Brigitte Autran, ne tranche pas pour ou contre une obligation, listant des arguments en faveur d'une coercition ("faible efficacité des messages de recommandation maintenus", etc) et en défaveur ("perception de la limitation des libertés individuelles"...).

Dans les "éléments nouveaux d'aide à la décision publique sur le port du masque", il pointe la "situation critique de l'hôpital", la perte d'efficacité des traitements préventifs pour certains immunodéprimés, les faibles niveaux de vaccination contre le Covid et la grippe dans des populations à risque souvent identiques.

"Nous avons donné des arguments scientifiques, et le ministre et l'exécutif ont pris la décision de ne pas rendre le masque obligatoire", a relevé Brigitte Autran lors d'une conférence de presse, ajoutant que, "comme le dit le ministre de la Santé, le port du préservatif n'est pas obligatoire".

Et "nous entrons dans une nouvelle histoire où le Covid est intégré au fardeau des épidémies hivernales", synonymes d'"une surtension plus importante des hôpitaux", a avancé la présidente du Covars, pour laquelle le masque doit être "un geste citoyen".

"Afin de protéger les plus fragiles durant la période de fêtes", le Covars suggère aussi "une communication renforcée" sur les autotests

Le virologue Bruno Lina a renchéri, défendant un "principe d'appropriation, que chacun sache comment gérer le risque de transmission de ce virus".

Obligation ou pas, le comité préconise de "renforcer l'accessibilité/la mise à disposition à titre gratuit des masques dans tous les lieux où ils sont nécessaires", au-delà des immunodéprimés sévères.

"Dans cette période où le masque est vraiment nécessaire (...) j'ai demandé au ministre d'étendre cette gratuité à l'ensemble de la population, le ministère y réfléchit", a précisé la présidente du Covars.

Pour la vaccination, le Covars appelle à son intensification contre le Covid et la grippe, avec "une communication incitative et transparente destinée à la population générale", "un renforcement de la communication destinée aux soignants sur les bénéfices et les limites des rappels vaccinaux", des actions fortes et rapides vers certaines populations, ou la réouverture de centres spécifiques.

Si elle a rebondi ces dernières semaines, la vaccination automnale anti-Covid reste à la traîne, reflet "des difficultés, pour la population et certains professionnels de santé, à appréhender les objectifs de ces rappels répétés".

Or, plusieurs données récentes "confirment le bénéfice des 2e et 3e rappels en vie réelle contre les formes symptomatiques et sévères de COVID-19", souligne l'avis.

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"Afin de protéger les plus fragiles durant la période de fêtes", le Covars suggère aussi "une communication renforcée" sur les autotests.

Ces autotests "marchent aussi bien" face au nouveau membre dominant de la "famille" Omicron, BQ1.1, a assuré Bruno Lina, conseillant d'y recourir "au plus près de l'événement familial".

Avec AFP

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