La sécu veut économiser 500 millions d'euros sur les prescriptions en 2021

L'assurance maladie a publié début juillet son rapport Produits et charges où elle détaille, en vue de la discussion de la loi de financement de la sécurité sociale, les mesures d'économie à voter pour l'an prochain... 

Comme chaque année, l’assurance maladie, en vue de la préparation du projet de loi de financement de la sécurité sociale 2021, pond un gros rapport sur l’exécution du budget de la sécu, et sur les perspectives pour l’année qui s’annonce. Dans un contexte, cette année, particulier : « Les conséquences de la crise sanitaire liée à la Covid 19 et les inconnues sur son évolution au cours des prochains mois rendent particulièrement incertaine toute tentative de projection sur ce que pourrait être l’évolution des dépenses de santé pour l’année prochaine. » Toutefois, même si l’épidémie de Covid devrait faire en sorte que le budget de la sécu pour 2021 soit gonflé, l’assurance maladie envisage tout de même des « efforts de maitrise des dépenses de santé ».

1 milliard d'économie

Ainsi pour l’année 2021, la sécu a prévu… 1 milliard d’économie supplémentaire, selon le rapport Produits et charges, dont 438 millions d’euros devraient porter sur les « actes et prescriptions ». À cette fin, l’assurance maladie a prévu pour les médecins une série de recommandations qui ressemblent à s’y méprendre à des recadrages. Ainsi, « le mésusage des hypolipémiants, notamment l’ézétimibe seul ou associé, est une problématique connue de l’Assurance Maladie ». Pour redresser la barre, la sécu indique que « certains prescripteurs (médecins généralistes, cardiologues et endocrinologues), retenus selon leur taux de prescriptions d’ézétimibe seul ou associé feront l’objet en 2021 d’une action de sensibilisation à la thématique du mésusage. L’objectif est d’accompagner ces prescripteurs qui ne respectent pas la stratégie thérapeutique des traitements hypolipémiants ». Coût estimé des économies faites sur le poste de dépense ézitimibe : 25 millions d’euros. Comme pour compléter cette première mesure, « l’Assurance Maladie a décidé de placer Repatha® et Praluent® sous demande d’accord préalable », qui devrait être en vigueur d’ici la fin de cette année. 

Déprescription

En ce qui concerne les patient âgés polymédiqués, l’assurance maladie compte élargir le bilan partagé de médication ainsi que la déprescription. Économie attendue de cette mesure : 40 millions d’euros. D’autres actions de maitrise de prescription vont être mises en place en ce qui concerne les antidépresseurs, les antihypertenseurs, les inhibiteurs de la pompe à protons, les antalgiques, les benzodiazépines…

Arrêts de travail

Voilà pour les médicaments. Mais ce n’est pas le seul poste de dépense que l’assurance maladie veut réguler : il y a aussi les arrêts de travail. Car « les volumes d’arrêts de travail pour maladie ont augmenté passant de 204 millions de journées indemnisées en 2013 à 234 millions en 2017. Les montants indemnisés sont quant à eux passés de 6,3 milliards d’euros à 7,3 milliards d’euros sur la même période ». Pour mieux contrôler les prescriptions d’indemnités journalières, la sécu va déployer fin 2020 des plateformes départementales de prévention de la désinsertion professionnelle  : « L’objectif est de proposer, en proximité, un repérage plus précoce et mieux ciblé des travailleurs fragilisés, et de sécuriser leurs parcours en proposant une offre de service lisible, diversifiée et adaptée selon le niveau de complexité et de gravité de leur situation. » 

Là encore, l’assurance maladie escompte une économie d’échelle, de l’ordre de 100 millions d’euros. Aussi, des actions seront entreprises sur les dépenses de taxi, et une montée en charge du transport partagé sera encouragée. Certains examens de biologie comme le dosage d’hormones thyroïdiennes, seront mieux régulés, tout comme les examens d’imagerie. Autre nouveauté attendue : la mise sous demande d’accord préalable de la chirurgie bariatrique, pour des économies attendues de 5 à 10 millions d’euros. Voilà quelques unes des réjouissances que va proposer l’assurance maladie à la représentation nationale, qui devrait commencer à cogiter sur le futur projet de loi de financement de la sécurité sociale dès septembre prochain. 

Portrait de Jean-Bernard Gervais

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