Jacques Lucas : "Hippocrate n'a rien à craindre"

3 questions geeks posées au VP du Conseil de l'Ordre

À l'occasion de la 4ème édition de l'évènement Doctors 2.0 & You, nous avons rencontré le Dr Jacques Lucas, vice-président du CNOM et délégué général aux systèmes d'information en santé. Malgré son agenda surchargé, le médecin 2.0 du CNOM, a pris le temps de répondre à nos questions geeks. 

WUD : Face à l'ampleur de la santé numérique, Hippocrate a-t-il du souci à ce faire ? 

Non, Hippocrate n'a rien à craindre ! Il s'y retrouverait, car à son époque il luttait déjà contre les dogmes. Les jeunes générations de médecins sont autant imprégnées des valeurs humaines que les générations précédentes. C'est juste qu'ils s'expriment de manière différente. Il en est de même avec la e-santé, à travers laquelle le socle humain prend une autre forme. Vu l'ampleur du phénomène, il faut - bien sûr - être plus vigilant, mais ne pas se réfugier derrière l'idée que la modernité fait perdre les valeurs.

WUD : Faut-il se protéger par un pseudo sur les réseaux sociaux, type Twitter ou Facebook ?

Il y a des bénéfices et des inconvénients. L'avantage du pseudo, c'est que l'on ne peut être accusé par l'Ordre de faire de la publicité. Cependant, ce n'est pas parce qu'on a un pseudo qu'on peut dire n'importe quoi. Un post anonyme n'est pas forcément bien. Enfin, le second inconvénient est qu'il n'y a pas de garantie sur la profession médicale de l'auteur. Même si l'information est d'ordre médical. Là-dessus, le Conseil de l'Ordre va mettre en place un moyen informatique sécurisé pour vérifier les qualités de l'auteur. Comme ça, les patients sauront que derrière le pseudo, il se cache bien un médecin. Cela devrait être mis en place avant la fin de l'année.

WUD : À quand la prescription d'applications mobiles et d'objets connectés ?

L'utilisation de la m-santé fait l'objet d'une réflexion qui dépasse l'Ordre des Médecins. Son usage économique en matière de prévention et d'éducation à la santé, mais aussi d'accompagnement des patients, intéresse les médecins, les juristes, les économistes, etc. Une prise en charge par les assurances est actuellement à l'ordre du jour. Nous y travaillons ! En attendant, rien n'empêche de recommander des applications de qualité à vos patients. Tout cela est bien sûr, sous réserve d'une bonne utilisation. Le plus important étant que le patient garde le contrôle de ses données.

Source: 

Publié par AP

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