Horreur ! La e-santé pollue trois fois plus que l’aviation civile. Comment agir ?

Le système de santé dans son ensemble est responsable de 8 % des gaz à effet de serre en France. Un chiffre trois fois plus important que la pollution générée par l’aviation civile. Face à ce constat Nathalie Baudiniere, directrice de programme à l’agence numérique en santé, donne des solutions pour diminuer l’empreinte écologique du secteur médical.

Data, cloud, transfert de données…. La e-santé pollue de façon exponentielle avec une augmentation de 6 % par an. Elle représente actuellement 2 % de la consommation énergétique de toute la France. Ces chiffres impressionnants font l’objet d’une réelle prise de conscience et ont de quoi alarmer la sphère médicale.

Aucuns objectifs chiffrés ne vont être déterminés pour les professionnels de santé en France car « il faut mesurer. Nous n’avons pas suffisamment d’études sur l’utilisation des ressources du numérique en santé pour savoir où agir et fixer des objectifs clairs » explique Nathalie Baudiniere.

Il faudrait identifier les « opportunités de décarbonation. Est-ce sur le matériel ? L’utilisation ? Les dispositifs connectés plutôt que les serveurs ? Le cloud ? Il faudrait aller plus loin et avoir des chiffres précis. C’est ce que nous sommes est en train d’essayer de faire ».

Des objectifs clairs : sensibiliser et mesurer

Pour l’instant son groupe de travail s’est fixé trois objectifs clairs sur les deux prochaines années :

  • La sensibilisation à travers l’écriture d’un rapport

Les deux autres objectifs sont orientés sur les mesures.

  • Proposer à tous les éditeurs industriels du secteur de mesurer l’impact environnemental de leur service numérique.
  • Permettre aux établissements de santé de mesurer l’impact des systèmes d’informations. Cet outil est actuellement en phase de pilotage.

D’autre part, Mon espace santé comporte un volet éthique très précis avec un aspect environnemental très fort : « En vertu du principe de non-malfaisance nous avons fixé un critère écologie dans les critères de référencement de mon espace santé. »

Le CHU de Bordeaux, bon élève de l’écologie numérique

Enfin, au quotidien, « tout un tas de bonnes pratiques très isolées feront avancer les choses, en sachant qu’il faut que cela s’accompagne d’une démarche globale » souligne Nathalie Baudiniere :

  • Conserver le matériel plus longtemps en soignant l’entretien
  • Acheter du matériel labelisé, fabriqué de manière responsable.

La Direction Ministérielle du numérique émet des guides des bonnes pratiques pour aider les acteurs autour de ces questions de l’impact environnemental du numérique. « Se poser la question avant d’acheter quelque chose est-ce que j’en ai besoin. Ça c’est plutôt pour les établissements. Pour ceux qui conçoivent des systèmes, il faut avoir recours à l’éco-conception. »

Un CHU se démarque parmi les autres, en bon élève de l’écologie numérique : le CHU de Bordeaux. Il a récemment publié un guide de responsabilité environnemental.

D’un point de vue plus global, nos voisins Anglais ont pas mal d’avance sur nous en matière d’écologie à l’hôpital. Ils se sont penchés sur la question dés 2009. A nous de les rattraper !

Portrait de Albane Cousin

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