" Il ne faut pas avoir peur de faire des endoscopies ", explique Anaïs Jenvrin

Dans l'optique du choix des spé et des établissements suite aux #ECNi2020, WUD lance une série d'entretiens avec des responsables de syndicats d'internes, pour vous faire découvrir les différents DES et régions qui s'offrent à vous. Aujourd'hui, entretien avec Anaïs Jenvrin, vice présidente de l’Association Française des Internes d’Hépato-Gastro-Entérologie (AFIHGE) qui défend un DES à la fois médical et technique.

What’s up Doc. Pourquoi tu kiffes ta spé?

Anaïs Jenvrin. C’est une spé qui est à la fois médicale, permet un contact avec les patients avec un suivi prolongé. Mais elle est aussi technique, avec des gestes, notamment l’endoscopie. C’est assez diversifié avec de multiples sur-spécialités : l’hépatologie, les pathologies inflammatoires, l’endoscopie, la cancérologie, etc. Dernière chose : de multiples modalités d’exercice s’offrent pour la suite de la profession après l’internat. 

WUD. Et l’hepato-gastro c’est plutôt cotée?

A. J. C’est une spé qui reste relativement bien choisie. Les postes sont tous pourvus, avec des variations de classement selon les villes. Mais c’est quand même une spécialité qui est très bien choisie par les internes.

WUD. Un petit conseil à donner aux futurs internes?

A. J. C’est une spécialité qui est relativement bien représentée lors des études médicales de deuxième cycle, on apprend bien la base de la gastro-entérologie et de ses sur-spécialités. Donc finalement, quand on arrive pendant l’internat on connaît bien les bases et c’est ce qui nous permet d’envisager le premier semestre plus positivement et sereinement. Cela nous laisse le temps d’apprendre notre métier plus sereinement, notamment l’endoscopie. Il y a une très bonne ambiance, le premier semestre se passe relativement bien. La gastro-entérologie ne fait pas partie des spé qui sont inconnues et sur lesquelles on ne connaît rien. On l’envisage bien pendant nos études, donc ce n'est pas une grande découverte. Je voudrais rassurer les futurs internes aussi. Souvent, ils ont peur du côté manuel de l’endoscopie, surtout s’ils ne sont pas très "geste". Mais en réalité, c’est quelque chose qui s’appréhende et s’apprend assez facilement au fur et à mesure de l’internat. Il n’y a pas de souci à avoir, il ne faut pas avoir peur de faire des endoscopies. 

" On se retrouve facilement en repas de famille ou dans un taxi à avoir quelqu’un qui nous demande pourquoi est-ce qu’il a mal au ventre ou pourquoi est-ce qu’il a la diarrhée "

WUD . C’est quoi les avantages de ta spé ? 

A. J. Déjà, on va commencer par les multiples modalités d’exercice. Ça nous permet à 25 ou 26 ans, quand on passe l’ECN, de ne pas choisir notre façon de travailler dans 40 ans. De ne pas être bloqué à l’hôpital, de pouvoir partir et avoir un exercice libéral qui offre peut-être plus d’avantages. Et puis aussi le fait que, quand on rentre dans la spé, on peut ensuite se sur-spécialiser dans plein de domaines selon nos préférences. Donc, on ne se bloque pas à un organe ou à une sur-spécialité. On peut faire un petit peu ce qu’on veut.

WUD. Et niveau inconvénient ? 

A. J. C’est une spé qui n’est pas très glamour. En tout cas dans l’esprit des gens qui ne sont pas médecins et même dans l'esprit médecins, en fait. Ce n’est pas être cardiologue ou neurochirurgien, quoi. Donc le seul inconvénient c’est qu’on est pas très glamour.

WUD. Une petite anecdote à raconter aux lecteurs?

A. J. L’anecdote justement, c’est que les gens qui n’ont pas fait médecine ne savent pas trop ce que c’est que notre spécialité et pensent souvent qu’on traite que les gastro-entérite. Et du coup, dans n’importe quelle situation ils sont capables de nous demander des consultations de gastro. On se retrouve facilement en repas de famille ou dans un taxi à avoir quelqu’un qui nous demande pourquoi est-ce qu’il a mal au ventre ou pourquoi est-ce qu’il a la diarrhée. Et à chaque fois je trouve toujours ça très drôle. Les gens ne se rendent pas forcément compte qu’on peut faire de l’hépato, de la cancero, qu’on traite les maladies inflammatoires et que l’on fait des endoscopies assez poussées. C’est vraiment pas ce qu’on s’imagine quand on entend le mot " gastro enterologue ".

Portrait de Mélanie Philips

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