FST : en cancéro comme ailleurs, le compte n’y est pas

Le Conseil national professionnel d’hépato-gastro (CNPHGE) s’inquiète du nombre restreint de places dans la formation spécialisée transversale (FST) de cancérologie. Les syndicats d’internes ne comprennent pas les propositions de postes publiées le 28 juin.

Gastro, pneumo, gériatrie, urologie, gynéco… Pour bon nombre de spécialités médicales comme chirurgicales, se pose la question d’une formation en cancérologie. Pour connaître la discipline et dispenser les chimiothérapies. Mais les FST, créées avec la réforme du 3e cycle et mises en place dès novembre 2019 pour la promotion d’internes 2017, ne prévoient pas assez de places en cancéro', estime le CNPHGE qui s’inquiète du devenir de cette compétence.
 
« Un tiers des hépato-gastroentérologues détiennent une compétence reconnue en cancérologie », rappelle-t-il dans un communiqué daté du 1er juillet. Et, avec le vieillissement de la population et l’augmentation de la prévalence des cancers digestifs, les besoins sont amenés à augmenter dans les années à venir. « La réduction des postes va entraîner, à terme, une difficulté d’accessibilité des patients et une baisse de la qualité des soins », explique encore le CNPHGE.

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10 places pour 4000 internes

Et ils ne sont pas les seuls à s’inquiéter. Les syndicats d’internes attendaient avec impatience la publication des postes accessibles, et leurs inquiétudes semblent se confirmer. En résumé : c’est un peu le bordel. Deux jours avant la date limite de dépôt des dossiers des internes, fixée au 30 juin, ont été publiés la liste des postes par subdivision et par FST.
 
« Paris, qui rassemble pourtant plus de 4000 étudiants de spécialité, se retrouverait avec l’aumône de 10 postes en FST de cancérologie », s’indigne l’Intersyndicale nationale des internes (Isni), qui dénonce un « manque de préparation » et un « amateurisme » des tutelles sur le sujet.

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Le fiasco était pourtant annoncé. Début mai, What’s up Doc avait interrogé les internes en med gé de l’Isnar-IMG, qui s’inquiétait vivement du manque de réactivité des pilotes de FST dans la remontée des capacités de formation. « Pour certaines subdivisions, aucun chiffre n’a été communiqué, ce qui signifie qu’aucun poste n’est ouvert pour l’instant », expliquait sa présidente, Lucie Garcin. À un mois de l’échéance pour les inscriptions, l’organisation semblait pour le moins bancale.
 
Au final, ce sont seulement 1258 places en FST qui ont été ouvertes pour l’année 2019-2020, alors que, pour les syndicats, les capacités de formations sont supérieures. En attendant l’ouverture éventuelle de nouveaux postes, posez votre candidature ! Histoire de laisser un peu plus de temps aux internes, le délai de dépôt des dossiers a été repoussé… au 10 juillet.

Portrait de Jonathan Herchkovitch

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