FST : vers un fiasco annoncé ?

L’Isnar-IMG s’alarme de la tournure que prend la mise en place des formations spécialisées transversales (FST). Leur mise en place, poussive depuis le début, semble plus que jamais bancale pour les premiers stages prévus en novembre prochain.
 

La promo crash test de la réforme du troisième cycle continue d’assumer son surnom. Après avoir essuyé le fiasco des ECNi 2017, les FST sont venues tout embrouiller. Les internes ont dû choisir leur spé dans le brouillard (deux mois avant la publication de l’arrêté précisant le contenu des FST), et les nuages continuent de descendre sur leur avenir proche.
 
À six mois du début des premiers stages transversaux accessibles, rien ne semble prêt, s’alarme l’Isnar-IMG dans un communiqué publié ce vendredi. La réunion organisée par l’ONDPS (1) le 2 mai a montré que peu de choses étaient en ordre, alors que le calendrier presse : l’arrêté fixant les modalités de ces formations doit être publié le 1er juin, et les internes sont censés déposer leurs dossiers dans la foulée...

Des enseignants qui ne font pas leurs devoirs

« Nous avons eu la surprise de constater ce jeudi que de nombreux pilotes de FST n’ont pas fait leur travail et n’ont pas fait remonter leur capacité de formation, cadrant le nombre d’internes pouvant être formés », s’étonne le syndicat d’internes en med gé. Il reproche aux enseignants responsables de leur mise en place dans chaque subdivision de ne pas avoir fait leur travail. En tout cas, pas dans les temps.
 
Contactée par What’s up Doc, Lucie Garcin, présidente de l’Isnar-IMG, précise l’objet de ses inquiétudes. « La réunion du 2 mai, planifiée en janvier, devait servir à faire remonter les capacités de formation estimées par les pilotes des FST. Mais il s’est trouvé que, pour certaines subdivisions, aucun chiffre n’a été communiqué, ce qui signifie qu’aucun poste n’est ouvert, pour l’instant », explique-t-elle.
 
C’est le cas à Nancy, par exemple. À ce stade, les internes ne pourront donc pas choisir une FST lors des prochains stages qui débutent en novembre… « Ils pourront faire plus de mobilité » et prendre une FST dans une autre subdivision, nuance-t-elle. « Mais ce n’est pas une solution satisfaisante. D’une part, parce qu’ils devront déménager, mais aussi parce que c’est du pansement, car il y aura nécessairement moins d’offre ».

On va le dire aux ministres

Et nous ne parlons là que du problème d’ouverture de postes et de galère pour les internes. Pour accéder aux FST qui seront vraisemblablement prises d’assaut, ils devront – parce que sinon, ça ne serait pas drôle – passer une sélection reposant sur un dossier de projet professionnel. Il paraît également opportun de se poser la question du contenu des formations. Face au manque d’efficacité que montrent les pilotes des FST à les mettre en place d’un point de vue administratif, on peut en effet s’attendre à des lacunes sur le volet pédagogique…
 
L’espoir, pour l’Isnar-IMG, réside dans un arbitrage ministériel. « Nous appelons les ministères à se saisir du problème et à contacter les enseignants coordinateurs afin d’ouvrir des postes », demande Lucie Garcin. Après des mois – disons des années – à jouer les Cassandre sur le sujet, le syndicat tente de mettre un nouveau coup de pied dans la fourmilière. Mais pour l’instant, ça sent la loose.
 

Les formations spécialisées transversales, qui prennent la place des anciens Desc, sont au nombre de 24. Si toutes ces surspécialités sont a priori accessibles à tous les internes, certaines sont identifiées comme compatibles pour chaque spécialité, ou « d’intérêt ». Pour la médecine générale, par exemple, elles sont au nombre de six : addictologie, douleur, expertise médicale, médecine du sport, médecine scolaire et soins palliatifs. Le nombre de places dans chaque FST de chaque subdivision territoriale est fixé chaque année par arrêté ministériel.

 
(1) Observatoire National de la Démographie des Professions de Santé
 

Portrait de Jonathan Herchkovitch

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