Flower power : des plantes pour le bien-être des patients

… et des soignants

L’influence des végétaux sur la santé des patients et sur le moral du personnel est soulignée par des études de plus en plus nombreuses. What’s up Doc fait le point sur ce sujet encore méconnu. Après un premier volet sur les jardins, ce deuxième épisode s’attaque aux plantes d’intérieur.

Les plantes vertes sont très présentes au sein des bureaux et des espaces collectifs, mais elles sont souvent considérées comme indésirables dans les services hospitaliers. Les raisons invoquées ? Principalement les risques de contamination bactérienne ou fongique. Et pourtant, aucune preuve n’étaye ces craintes.

Une étude anglaise (1) s’est d’ailleurs penchée sur la question des fleurs à l’hôpital. Les résultats sont amusants. Si les équipes soignantes leur manifestent habituellement une certaine opposition, ce n’est pas en premier lieu pour des considérations d’hygiène, mais en raison de la charge de travail supplémentaire que les bouquets impliquent dans leurs emplois du temps déjà surchargés !

On a tous besoin de verdure

Et pourtant, l’impact positif des espaces verts ne se limite pas à la lutte contre le réchauffement climatique. « Dans les endroits où il n’est pas possible de mettre des plantes, les cadres décoratifs et les papiers peints évoquent en grande majorité la nature », souligne Anne Monjaret, ethnologue et sociologue, directrice de recherches au CNRS. « Cela démontre le besoin d’un décor agréable dans un environnement difficile, et de ramener un symbole de vie dans un lieu aseptisé. »

Des études sur les lieux de travail montrent d’ailleurs que les plantes intérieures réduiraient le stress, et augmenteraient la productivité dans un espace sans fenêtres (2). A l’hôpital aussi, les bienfaits des plantes ont été décrits. Dans un service de radiologie, souvent aveugle, l’ajout de plantes et de lumières à large spectre aurait permis de réduire le pourcentage d’absences courtes pour maladie de 10 %, avec une diminution de 25 % des plaintes chroniques telles que fatigue, céphalées et autres symptômes d’inconfort rapportés par le personnel.

Et les patients aussi

Auprès des patients, les plantes ont également la cote. La présence de plantes dans la chambre réduirait la durée d’hospitalisation et la consommation d’antalgiques de patientes thyroïdectomisées (3). Mais même la vue d’un jardin (en comparaison avec un mur de briques) améliorerait la tolérance à la douleur (4) et diminuerait la consommation d’antalgiques chez des patients cholecystectomisés (5). Leur durée d’hospitalisation serait également réduite d’une journée en moyenne.

Moralité : si vous avez la chance d’avoir un jardin sur votre lieu de travail, profitez-en. Et sinon, changez d’hôpital, ou achetez-vous une plante verte !

 

Lisez aussi le premier volet de cette enquête, et cédez au charme des jardins thérapeutiques !
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(1) Wards of the roses, Giskin Day, Naiome Carter, British Medical Journal, déc. 2009

(2) Interior plants may improve worker productivity and reduce stress in a windowless environment, Virginia I. Lohr, Caroline H. Pearson-Mims, and Georgia K. Goodwin, Journal of environmental horticulture, juin 2016

(3) Physical Discomfort May Be Reduced in the Presence of Interior Plants, Virginia I. Lohr and Caroline H. Pearson-Mims, Hortechnology, janv. 2000

(4) View through a window may influence recovery from surgery, Roger S. Ulrich, avril 1984

(5) Therapeutic Influences of Plants in Hospital Rooms on Surgical Recovery, Seong-Hyun Park, Richard H. Mattson, HortScience, fév. 2009

Source: 

Sarah Balfagon

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