Faute de personnels, les Urgences se mettent à l’heure estivale

Pendant les grandes vacances, de nombreux services d’Urgences doivent jongler avec la pénurie de professionnels. Une démographie médicale estivale qui contraint certains services régionaux à organiser leur activité de manière fractionnée.

Une urgence peut en cacher une autre. Durant la période estivale, la pénurie de médecins urgentistes se fait durement ressentir dans de nombreuses régions de France. Une absence qui se traduit par la fermeture ponctuelle de certains de ces services censés fonctionner 24h/24…

C’est le cas notamment de la polyclinique d’Hénin-Beaumont, dans le Pas-de-Calais. Jusqu’à la fin du mois d’août, ce service d’urgence est fermé de 20h à 8h du matin. Alors que les habitants sont invités à ne plus se rendre aux Urgences, le 15 les redirige vers quatre autres centres de proximité. Même topo au pôle santé de Sarthe et Loir (Le Bailleul). À partir du 18 juillet prochain, le service des Urgences sera fermé de 19h à 8h du matin. Une disposition qui devrait durer jusqu’au 29 août prochain.

La baisse estivale des effectifs de médecins urgentistes n’a rien de nouveau. Après seize mois d’une longue et fatigante crise sanitaire pourtant, ce problème récurrent prend une toute autre ampleur. À Hénin-Beaumont par exemple, les départs se sont multipliés depuis le début de l’année. Au programme ? Trois démissions - dont le chef de service - et trois arrêts-maladie de longue durée. Une situation qui fait écho à celle traversée par la Sarthe. « On aurait besoin de 76 équivalents temps plein dans le département, mais on en a que 42 aujourd’hui », détaille à France Bleu Stephan Domingo, directeur d’ARS de la région.

Un épuisement des équipes qui se conjugue avec un temps de vacances raccourci. Comme le rappelle l’ARS Hauts-de-France, la période estivale a été amputée de deux mois cette année - passant de juin à septembre à juillet et août. Et pour cause, le déconfinement s’est accompagné d’une hausse importante d’activité. Par rapport aux cinq précédentes années, la charge de travail a crû de 21 % en juin. Un bilan qui s’accompagne de la crainte que septembre rime avec quatrième vague. « Nous sommes au départ de quelque chose qui ressemble à une vague épidémique », a confié Olivier Véran ce dimanche, sur Radio J.

Autre constat, les intérimaires, eux-aussi, semblent se faire plus rare qu’à l’accoutumée. C’est en tout cas l’avis de Diane Petter, directrice générale par intérim du centre hospitalier du Mans. Alors que les Urgences de son centre hospitalier vont rester ouvertes, elles vont tout de même devoir tourner avec un effectif réduit.  « C’est la pénurie générale. Les années précédentes, nous arrivions à combler les trous avec l’intérim, mais ça ne répond plus, on ne trouve rien cette année », a-t-elle confié au Monde.

 

Portrait de Julia Neuville

Vous aimerez aussi

« Nous proposons d’apporter une sécurité, notamment financière, au début de l’exercice libéral, qui peut parfois être difficile », résume le Dr...

Les établissements de santé français prennent la direction du covoiturage. Depuis 2017, trente d’entre eux ont souscrit au service de l’entreprise...

Le CH de Crest, petit établissement niché dans la Drôme, souhaite attirer de nouveaux talents. Un objectif que la direction tente de remplir en...

Le gros dossier

 

Le magazine What’s Up Doc est édité par l’agence Planète Med.