Elephant Man : monstruosités médicales

La pièce mythique se tient jusqu’au 20 octobre aux Folies Bergères (Paris IXe), avec Joeystarr dans le rôle-titre. A couper le souffle.

Case report amené à la postérité, les mémoires du chirurgien Frederick Treves à propos de son patient Joseph Merrick, alias Elephant Man, font désormais partie de la culture populaire. L’adaptation au cinéma par David Lynch en 1980 tendait à faire oublier la pièce de Bernard Pomerance en 1977, avec (quand même) David Bowie dans le rôle-titre.
 
L’histoire est donc celle d’un homme à la difformité telle qu’il échoue dans un cirque en tant que phénomène de foire, sous le joug d’une fripouille maltraitante. Ainsi, Dr Treves se prend de compassion pour ce qui représente pour lui un cas clinique inédit, et l’accueille au London Hospital. À la suite de quelques soins basiques, l’équipe découvre alors que, sous les amas de chairs, se cache une âme vive et poétique. Et qui les renvoie à leur nature parfois inhumaine.
 

Elephant Man, le plus beau des héros

 
Joeystarr interprète donc l’homme éléphant avec une grande justesse, et sans aucun artifice costumier, probablement un des choix de la mise en scène les plus judicieux. Folies Bergères oblige, certains sons et lumières semblent parfois plus digne d’une superproduction hollywoodienne que du registre de l’art dramatique, mais jamais cela n’interfère avec la poésie de la pièce mise en scène par David Bobée. Béatrice Dalle, toute en sensualité, mais aussi en retenue, campe une actrice célèbre, qui à force de déception de la part de ses contemporains perçoit l’humanité d’Elephant Man.
 

« Je peux vous soigner, pas vous guérir »

 
Course effrénée à la publication, patients envisagés comme un tremplin à une carrière hospitalo-universitaire, crise à l’hôpital qui justifie des pratiques peu éthiques, morale hygiéniste et paternaliste jamais remise en question… Le personnage du Dr Treves (Christophe Grégoire) tend un miroir actuel et cruel à certaines de nos pratiques médicales, et amène à se questionner sur le regard que l’on pose parfois sur la maladie… Bien entendu, ce chef d’œuvre finit mal.
Heureusement, le long standing ovation du public redonne espoir avant de quitter les ors des Folies Bergères.
 
 
 

Portrait de Jean-Victor Blanc

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