Déconfinement : quelle réorganisation pour les internes ?

Envoyés en renfort en unités Covid, les internes regagnent leur stage antérieur avant le changement du 2 juin. Sur fond de retard des prochaines affectations, ils ne vont pas se contenter de la prime…

« Depuis une dizaine de jours déjà, les internes qui étaient en renfort dans les unités Covid retournent sur leur terrain de stage antérieur », indique Léonard Corti, secrétaire général de l’Isni. C’est le cas par exemple d’Anaïs Charon. Cette interne nantaise était en stage en réanimation au CH de la Roche-sur-Yon (85) pendant presque toute la crise Covid. Mais elle avait rejoint fin avril l’hôpital Henri Mondor à Paris. « À partir du début du déconfinement, je vais rester en réa, mais je ne serai plus en unité Covid, vu qu’elles ferment les unes après les autres avec la baisse du nombre de cas. Ces derniers jours, nous avions de moins en moins de patients dans le service, et un retour de patients non-Covid », explique-t-elle. Ensuite, à partir du 2 juin, Anaïs retourne à Nantes, en anesthésie, son prochain semestre prévu.
Entre la Vendée et Paris, elle a pu comparer deux ambiances très différentes. « À la Roche-sur-Yon, on était plus que préparés. On attendait la vague qui ne venait pas, les équipes étaient sous tension à cause de cette épée de Damoclès. En réa, les effectifs ont été triplés pour les seniors et doublés pour les internes. Mais la vague n’est jamais arrivée ! À Paris je suis arrivée à la fin de la vague, mais on m’a raconté que c’était le gros bazar au début. Dans l’urgence, les hôpitaux avaient fait appel à des internes de toutes spécialités (pédiatres, ophtalmo…) qui, pour certains, n’avaient jamais fait de réa de leur vie ! Jusqu’à ce qu’il se décident à faire appel à des internes de réa d’autres régions, grand Ouest notamment ».

Retard pour les choix de stage…

« Les choix des prochains stages ont été maintenus au 2 juin mais il y a du retard un peu partout dans les affectations. À Paris et dans l’Est notamment, les procédures de choix ne sont pas terminées », souligne le secrétaire général de l’Isni. Galère en vue donc pour certains internes qui ne connaîtront leur affectation qu’au tout dernier moment. Le secrétaire général de l’Isni se veut néanmoins rassurant. « En cas de difficultés, les syndicats locaux sont sur le coup pour aider les internes à se loger sur leur nouveau lieu de stage ». Il rappelle aussi l’importance de ce changement de stage, qui avait été âprement discutée il y a quelques semaines. « Les internes qui ont été hyper-sollicités ces dernières semaines dans certains services ont bien besoin de passer dans un service où l’activité est moins intense ». Concernant la prime, les internes ne sont pas dupes. Comme le réclame l’Isni, ils sortent de cette crise avec la volonté d’obtenir - plus que jamais – « une revalorisation salariale durable ». Anaïs reflète bien cet état d’esprit général. « Plutôt qu’une grosse prime pour faire passer la pilule, il faut réaugmenter le salaire basal et le tarif des gardes, ce serait moins hypocrite et plus utile. Le gouvernement pense peut-être éviter comme ça une grosse vague de contestation. Mais ça ne va pas se passer comme ça ! ».
 
 

Portrait de Sophie Cousin

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