Ciao les ECN !

Voir mourir son meilleur ennemi

Les ministres de la Santé et de l’Enseignement supérieur, invitées d’honneur à la cérémonie d’ouverture des Journées d’été de l’Anemf le 5 juillet, ont annoncé la fin des ECN. C’est tout le deuxième cycle qui va être réformé en profondeur. Enfin !

Ainsi s’éteignent les ECN… Sous une pluie d’applaudissements ! Les quelques 300 étudiants présents à Caen le 5 juillet pour le rendez-vous annuel de l’Association nationale des étudiants en médecine de France (Anemf) ont vivement salué la décision annoncée par Agnès Buzyn et Frédérique Vidal. « Les étudiants qui entreront en quatrième année en 2019 bénéficieront d’un second cycle rénové », a déclaré la ministre de l’Enseignement supérieur.

Terminés les trois jours d’angoisse des ECNi qui suivent les années de bachotage, terminées les questions pour lesquelles il faut se demander si la réponse doit être celle du manuel d’hémato ou de celui de cancéro ! Avouez-le, vous qui venez de les passer ou qui avez déjà commencé à réviser pour l’année prochaine, ça vous énerve un peu… On le comprend, mais pensez à vos successeurs !

Les compétences avant le bachotage

Ces successeurs qui, d’après les deux ministres, devraient être mieux formés, grâce à des stages d’externat plus précoces avec des évaluations plus poussées, des épreuves requérant moins de connaissances, grâce à un travail sur les compétences et l’utilisation de la simulation…

Fini le choix de spé en fonction d’un chiffre : la réforme du deuxième cycle devrait laisser plus de place aux vocations. « Il n’est pas normal qu’un étudiant ayant assuré le tutorat d’anatomie et exercé comme aide opératoire ne voie pas ses expériences prises en compte pour l’accès à une spécialisation chirurgicale, et il n’est pas normal qu’un étudiant suivant un double cursus de recherche soit découragé de poursuivre une activité de recherche pour préparer les ECNi », a ainsi estimé Frédérique Vidal.

Les connaissances de bases devraient désormais être évaluées en fin de cinquième année, et les compétences cliniques et relationnelles un an plus tard. « La 6e année de professionnalisation permettra à l’étudiant de confirmer son projet d’orientation », ajoute le ministère de l’Enseignement supérieur dans un communiqué.

Et maintenant ?

Les contours exacts de la réforme sont encore à définir, et la tâche ne sera pas facile. « L’Anemf salue une annonce ambitieuse et répondant aux attentes des étudiants », souligne Yanis Merad, président de l’association. Mais « elle reste vigilante à ce que cette réforme d’envergure ne soit pas dénaturée par des dispositions inégalitaires ».

Ne soyons pas naïfs, il y aura forcément des mécontents et des points de tension. Mais la réforme n’en reste pas moins historique, et fera vieillir d’un coup tous les anciens qui, eux, « auront vécu ça » ! Après le troisième cycle, et maintenant le second… What’s up Doc a hâte de voir ce que les ministères concoctent pour le premier cycle et la Paces !

Source: 

Jonathan Herchkovitch

Portrait de Jonathan Herchkovitch

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