Cabinets VS MSP : Côté rémunération, les MSP appuient sur l’accélérateur

Bonne nouvelle pour les médecins exerçant en MSP, moins pour les autres. D’après une étude menée par la DREES et l’IRDES, le porte-monnaie des professionnels de santé gonflerait plus rapidement en maison de santé !

Les maisons de santé sont un terrain très fertile aux revenus des médecins généralistes. En tout cas, plus que les cabinets libéraux. C’est l’un des enseignements qui ressort de l’étude menée par la DREES et l’Irdes. « Au cours de la période 2008-2014, les revenus des médecins généralistes ayant choisi d’exercer dans une MSP progressent plus rapidement que ceux de leurs confrères », notent les deux institutions dans leur rapport publié ce 11 mai.

Depuis quelques années, les maisons de santé pluriprofessionnelles fleurissent sur le territoire. En 2008, leur nombre flirtait timidement avec la vingtaine. Douze ans après, on en dénombre plus de 1 300 dans l’Hexagone. Même topo du côté des médecins généralistes qui ont grossi les rangs de ces structures principalement implantées dans des territoires médicalement défavorisés. En tout, 14 200 professionnels ont intégré une MSP. La pratique en MSP pouvant occasionner des frais de coordination pluriprofessionnelle ou de structure, la question était ici de savoir « si l’évolution de leurs revenus nets de charges est susceptible de refléter ou non une fragilité des MSP ». Pour s’assurer de la fiabilité du modèle, les chercheurs se sont donc attelés à comparer l’évolution des revenus des médecins exerçant en MSP sur la période 2008-2014 à celle d’un « échantillon de médecins généralistes témoins ».

Un travail de longue haleine qui s’est soldé par une trouvaille. « Entre 2008 et 2014, les médecins exerçant en MSP ont ainsi connu une progression additionnelle de revenu annuel de 2 091 euros comparativement aux médecins exerçant hors de telles structures, tous les médecins ayant par ailleurs vu leur revenu d’activité s’accroître de 10 285 euros au cours de cette période », souligne l’étude. Des données qui permettent d’estimer « que l’exercice en MSP est associé à une hausse plus rapide des revenus des médecins généralistes ».

Du beurre plus rapide à fondre dans les épinards donc qui ne serait pas dû à un surcroit d’activité… « L’évolution du nombre de leurs consultations et visites n’apparaît pas significativement différente », note l’étude. Mais à celui de leur « file active » et donc des rémunérations forfaitaires associées. Si tous les médecins ont vu leur patientèle augmenter, les praticiens exerçant en MSP suivraient ainsi « 89 patients supplémentaires ». « La capacité des médecins en MSP à accroître leur patientèle sans augmenter le nombre d’actes dispensés peut s’interpréter comme un effet direct de la coordination entre professionnels de la MSP », souligne les chercheurs.

Qui dit plus de patients dit une moins bonne qualité de soins ? Pas selon l’étude qui souligne également que « cette croissance plus rapide de la patientèle pour les médecins exerçant en MSP ne semble pas avoir été réalisée au détriment de la qualité évaluée au sens de la rémunération sur objectifs de santé publique ». En tout, les médecins exerçant en MSP auraient ainsi perçu en moyenne 9 % de plus que leurs confrères au titre de la ROSP 2014 – soit 595 euros. Pourtant, les médecins libéraux le savent : qui dit ROSP élevée ne dit pas toujours qualité des soins à la hauteur. Un amalgame qui peut amener à s'interroger sur la pertinence de cet indicateur. 

Si les médecins doivent encore faire leurs calculs, les chercheurs, eux, en sont désormais convaincus. « Ces premiers résultats semblent attester des bénéfices attendus de l’exercice plu­riprofessionnel », assurent-ils.

Portrait de Julia Neuville

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