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Sur la consommation de tabac, d'alcool, de sucre ou encore sur l'impact des pesticides comme de la pollution de l'air, SpF « synthétise l'expertise scientifique et la met à disposition du grand public » et « nous pouvons aussi agir sur ces maux grâce à ses campagnes de prévention. Mais c'est cette agence que votre gouvernement est en train de démanteler », lui a lancé Hendrik Davi, député écologiste, dans l'hémicycle.
Le gouvernement a annoncé fin janvier un « recentrage stratégique » de SpF, dont plusieurs missions, comme la gestion des stocks stratégiques et le pilotage de la réserve sanitaire, vont être transférées au ministère de la Santé. Les campagnes de communication incomberont à partir de 2027 au ministère et à l'Assurance-maladie.
L'élu des Bouches-du-Rhône a dénoncé « une attaque en règle de plus contre les scientifiques » et accusé l'exécutif : « vous attaquez les savoirs qui menacent des lobbies que vous protégez : Marlboro, Ricard, Lactalis, Monsanto et tant d'autres ».
« Mieux coordonner »
Un collectif de 350 acteurs de santé publique a aussi dénoncé, dans une tribune publiée dimanche dans Le Monde, la réorganisation de l'agence sanitaire, appelant notamment à préserver son rôle dans les campagnes de prévention.
Le Dr François Bourdillon, qui a fondé puis dirigé SpF de 2014 à 2019, a dit, lui, craindre « une reprise en main » d'une agence « attaquée alors qu'elle assume pleinement ses missions et qu'il y a tant à faire dans la santé ».
Pour Stéphanie Rist, le transfert des campagnes nationales de communication ne va pas « remettre en cause les missions de SpF en matière d'expertise, de surveillance épidémiologique, de prévention et promotion de la santé », mais au contraire « rendre la parole publique plus lisible et mieux coordonnée ».
« Une mission d'inspection est encore en cours pour définir les modalités précises de cette réorganisation », a-t-elle ajouté, écartant toute « mesure d'économie ».
Le gouvernement envisage de faire environ deux milliards d'euros d'économies supplémentaires sur les agences et opérateurs de l’État, avait indiqué mi-janvier la ministre de l'Action et des Comptes publics, Amélie de Montchalin.
Avec AFP