Allongement du clinicat en MG : les chefs de clinique satisfaits

Un décret paru il y a quelques jours autorise les chefs de clinique en médecine générale à poursuivre leur clinicat au-delà de quatre ans. Les organisations syndicales à l'origine de cette réforme semblent satisfaites. 

Le Dr Vincent Jedat, chef de clinique universitaire dans le Poitou-Charentes, est aux anges. Par ailleurs président de REAGJIR Poitou Charentes, mais aussi membre du collège des jeunes universitaires de REAGJIR. Il est, surtout, depuis, quelques jours, un chef de clinique heureux de la parution du décret du 19 mai « relatif à la durée des fonctions des chefs de clinique des universités de médecine générale ». Contrairement à l’Isni, qui le voue aux gémonies :

Et pour cause : « Le collège des jeunes universitaires de REAGJIR est à l’origine de ce décret. Cela fait un an que nous l’attendons. » Ce décret va en effet permettre au Dr Vincent Jedat, tout comme à de nombreux chefs de clinique, de pouvoir poursuivre, au-delà de quatre ans, son clinicat, dans de bonnes conditions : « Il est compliqué pour un chef de clinique en médecine générale, de satisfaire à toute les exigences, en quatre ans, afin de devenir maitre de conférence universitaire. En ambulatoire, c’est en effet plus compliqué qu’aux CHU, où les trois missions de soins, d’enseignement et de recherche s’entremêlent. »

Abandons...

De fait, de nombreux chefs de cliniques, lorsqu’ils ne parvenaient pas à boucler leur clinicat en quatre ans, abandonnaient, ou étaient reconduits, d’une année sur l’autre, sur des postes non pérennes. « On pouvait par exemple nous attribuer un poste de chargé de mission universitaire, mais nous n’avions pas la certitude, au bout de la cinquième année, qu’il serait reconduit une sixième année ».
Le décret, sur ce point, est très clair : « Pour exercer leurs fonctions au-delà de la quatrième année, les chefs de clinique des universités de médecine générale présentent leur candidature devant le conseil de l'unité de formation et de recherche concerné qui procède à leur audition. Le conseil établit une liste, classée par ordre de mérite, des candidats retenus. »
C’est une commission spéciale qui ensuite détermine qui pourra poursuivre au-delà de la quatrième année. Qui plus est, le décret est rétroactif, puisque les anciens chefs de clinique qui avaient achevé leur quatre années de clinicat entre le 1er septembre 2016 et la date de la publication de ce décret pourront être « à nouveau recrutés pour une période d'un an, renouvelable trois fois, par le président de l'université ». Le syndicat national des enseignants en médecine générale (SNEMG) a lui aussi salué la publication de ce décret, qui « fait l’unanimité au sein de la filière universitaire de médecine générale (FUMG). Il était attendu depuis plusieurs années. Il permet aux chefs de clinique souhaitant s’engager dans une carrière universitaire de disposer de plus de temps afin de préparer leur dossier au sein de leur UFR ». Et d’ajouter : « Cette décision permet aux jeunes médecins généralistes universitaires qui ne disposent pas de possibilité de post clinicat contrairement à leurs confrères hospitaliers, de disposer d’un temps similaire à leurs collègues des autres spécialités pour préparer les concours de la filière universitaire ». Le SNEMG demande par ailleurs l’allongement de la durée du DES de médecine générale, l’augmentation du nombre de postes de chefs de clinique de médecine générale, l’augmentation du nombre d’enseignants de médecine générale.

Contacté par WUD, le Dr Anas Taha, président du SNEMG, ajoute que ce texte "prouve que les pouvoirs publics ont pris connaissance de l'exigence de préparation pour devenir MCU. Il est destiné aux chefs de clinique destinés à devenir MCU. Ainsi pour compenser les postes de chefs de clinique qui resteraient occupés du fait de cette réforme, il faut créer de nouveaux postes. Si l'on veut reconnaitre la filière, il faut nous en donner les moyens. Or, pour le moment, en termes de création de nouveaux postes d'enseignants ou de chefs de cliniques, nous n'avons que des déclarations d'intention."

Portrait de Jean-Bernard Gervais

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